‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 208 sur 386 · Id · texte numérisé non relu

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apologies du christianisme s'y multiplient ' ; telle société de propagande religieuse se vante d'avoir distribué dans le pays rien de moins que 137 Gri4 exemplaires de Bibles, psautiers, manuels de dévotion et livres édifiants -. Les cercles intellectuels ne se défendent pas de la contagion; et les questions que met au concours l'université de Cambridge en témoignent : <• Prouver par l'expérience, qu'avec la meilleure législation possible, un État ne i)eut subsister sans religion 3 » ; et encore : « Pourquoi, depuis plusieurs siècles, les sciences et les beaux arts n'ont-ils été en vigueur que dans les contrées du globe où le christianisme est établi^ »? C'est en 1800 que cette question fut posée; et c'est celle-là même à laquelle Chateaubriand va répondre dans le Génie. Oui sait si ce ne serait pas elle qui lui aurait conseillé sa réponse, et qui aurait aciievé de lui faire comprendre « les droits du christianisme à la reconnaissance des gens de lettres •■ » ?

Enfin, parmi les directeurs de ce grand mouvement spirituel qui ramène à la religion la sensibilité frant^aise, il faut garder une i)lace à tous ces pieux physiciens, dont le xviu« siècle ne s'est jamais dépris, et dont rinlluence, très voisine de celle de Jean-Jacques, ne se confond pourtant pas avec la sienne. Ue ces infatigables admirateurs des « merveilles de la nature )>, si Bernardin de Saint-Pierre est le plus célèbre, « le bon Pluchc » reste le plus populaire; et il retrouve toute sa popularité au lendemain de la Révolution ^ Le livre de lallcmand Sturm, Considérations sur les œuvres de Dieu, qui est, pour ainsi dire, un livre européen, et dont la traduction française, depuis 1777, a été réimpriuiée i)resque annuellement, apjKiraît alors aux

1. Cr. les faits rappelés p;ir M. F. Baldensperger [590""), II, 134, ou mieux [83], XVI, 612.

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