Du culte public
6. Considérations, V [484], 56. Toutes ces survivances de Rousseau n'ont rien d'étrange chez un homme qui semble, dans sa jeunesse.
LA PIŒPARATION DU *' GÉNIE JjU CHRISTIANISME >i. 277
<Mi (Mro aulrcineiil. Ou'ils le voulussent ou non, dans ce que Bonald appelle < le grand procès de la religion et de la pliilosophie ' », c'était bien Jean-Jacques qui restait leur chef de lile.
Car le « procès ■> nest pas clos; et la Révolution n'a mèiue lait que i-cndre plus aigu un débat qui semblait aller s'apaisant. Elle a paru d'abord vouloir réaliser le rêve des (( philosophes », en en faisant les rois d'une France nouvelle, que gouvernerait la raison; mais, quelques années plus lard, culbutés parle fanatisme jacobin, flétris et dénoncés par Robespierre comme aristocrates et impies, les philosophes deviennent aussi suspects au Comité de salut public qu'ils avaient pu l'être à la police de l'ancien régime. Après Thermidor, n'ayant rien perdu de leurs espérances, ni surtout de leur foi, ils se remettent au travail : de cette société qui se réorganise et cherche son assiette, ils s'imaginent ingénument qu'ils vont devenir les guides intellectuels et les conseillers de morale. Ils se présentent à elle en « idéologues », forgeant ainsi eux-mêmes-, le nom sous lequel on va bientôt les accabler; mais ce nom est à lui seul un programme dont on ne veut plus : les idéologues restent les serviteurs de la raison, et lui font confiance, alors que le public est las des idées et ne croit plus qu'aux faits : l'acceptation joyeuse du 18 brumaire par la majorité de la nation le signifie assez clairement. La Décade philosophique pourra vivoter encore quelques années, mais, au moment où le Génie du christianisme paraît, l'idéologie, comme puissance populaire, est morte.
en avoir Irè.s vivement senli la séduction : cf. le curieux morceau sui les Devoirs du magistrat, publié par Sninle-Beuve, au t. II des Portraits littéraires, nouv. édit., Paris, Garnier, 1882, in-16, p. 397-398.