‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 213 sur 386 · Los ruines [467J · texte numérisé non relu

Los ruines [467J

d'hiii de parcourir les trois lourds in-quartos de Dupuis sur l'Origine de tous les cultes : la « méditation » de Volney nous en apporte comme le résumé populaire et anticipé. Mais l'ouvrage de Dupuis garde son importance historique; et c'est dans cet énorme répertoire que les idéologues ont appris à se prémunir contre toutes les « superstitions ». à se rendre raison à eux-mêmes de leur dédain pour les âmes religieuses 1. S'il leur faut une vue d'ensemble sur l'histoire de l'humanité, ils la trouveront dans le taldeau de Condorcet. Ce livre froid et passionné — où la confiance dans la raison et dans son avenir prenait une force nouvelle par la magnanime sérénité du proscrit, qui avait su garder toute sa foi avec la mort devant les yeux. — leur apparaît comme le noble évangile de la philosophie; et cet évangile à rebours n'est pas plus tendre que celui de Volney pour l'Évangile chrétien : « Il n'y a point de religion, disait Condorcet, qui ne force ses sectateurs à dévorer quelques absurdités physiques-». Toute religion, et surloul la chrétienne, abhorre c l'esprit d'examen et de doute, la confiance en sa propre raison ». « Le mépris des sciences humaines était un" des premiers^ caractères du christianisme.... Ainsi son triomphe fut le signal de l'entière décadence des sciences et de la philosoi)hie- ». Revenons à la raison, et qu'elle soit notre seule religion. L'homme est à lui-même son dieu et le créateur de sa félicité. Si l'on ne peut pas dire qu'il sera un jour immortel, on peut espérer qu'il le deviendra pratiquement, et qu'un jour son existence, comme sa science, seront sans limites. La pcil'ectibilité humaine est indéfinie^.

Voilà le l'êve dont se sont enchantés les idéologues. Après cela, ils peuvent assurer qu'ils ne sont pas athées S et

1. Cf. le coin pie-rendu de G:ingnené] dans la Décade des 20 nivôse. 20 pluviôse. 20 germinal, 20 llorcal [68], H, 89-102, 276-291. II!. 92- 102, 27:î-2S6. Cf. l'apprécialion linale.

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