‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 215 sur 386 · Catéchisme universel · texte numérisé non relu

Catéchisme universel

2. Analyse historique de la société [494 A], IV, 407, 411-413. Cf. déjà, à la (in du chant de VÉté, Saisons, Paris, Pissot, 1709, p. 74. Aussi Chateaubriand, par une courtoisie de jeune confrère à l'égard d'un homme de lettres éminent, a pu écrire dans le Génie (111, i, 4 [509], 111, 17) : <■ C'est la religion qui... nous a fourni les Delillc et les Saint-Lambert ■■. Mais, avouons-le, c'est un étrange curé que celui qui, dans les Saisons {loc cit.), bénit les jeunes amants et leur prêche le Dieu de volupté :

Jouir c'est l'honorer; jouissons, il l'ordonne.

3. Loi naturelle, 11 [125"^'], 85. Cf. Catéchisme universel [494], II, 330 : « Si cet être immense veut être .honoré, l'hommage qu'il nous demande, c'est un genre de vie conforme au.\ lois et au bien de la société ".

4. Le Catéchisme de Volney dit même expressément, Xll [125'"], 9ij, ijue " l'espérance et la foi sont des idées sans réalité », et que .. l'on peut appeler la foi et l'espérance la vertu des dupes au profit des fripons •■.

:i. Id.. III [12.Ï"", 80.

(c physique », et leurs principes doivent être cherchés clans « l'organisation de l'homme et de l'univers' ». C'est la « triste philosophie ^» d'Helvelius qui se survit en ces moralistes, et ils le savent-; beaucou}) d'entre eux, d'ailleurs, ont jeté par-dessus bord les derniers scrupules de Saint- Lambert et de Volney; ils jugent, avec Cabanis, que, " puisqu'il n'y a point de Dieu, il faut enfin renoncer à [•arler de cette chimère^ »; Morellet déclare qu'il faut " marcher avec le siècle », et que le siècle veut être sans Dieu; Naigeon est athée, sinon c avec délices », du moins avec fougue : c'est son métier, sa raison d'être et son " tic * ». Mais il se trouve alors, parmi les idéologues, un maniaque de l'athéisme — maniaque inoffensif, il est vrai, et brave homme au demeurant, — dont les manifestes répétés scandalisent l'opinion et la font regimber : c'est Sylvain Maréchal, TH. S. D., comme il s'intitule ofliciellement, c'est-à-dire « l'homme sans Dieu ». En 1790, il réclamait déjà un « culte sans prêtres »; en 1798, qui sera, dès lors, l'an I"'' de la Raison, il propose de créer (' une institution spécialement destinée à combattre et à détruire la croyance en Dieu », et travaille à rédiger une '< morale élémentaire, dégagée de ralliage impur et sacrilèg(> d'un Dieu ^ »; en 1800, il publiera ce Dictionnaire des alliées, où, [)our se dounci- d'ilhistr"s compagnons d'incré-

1. Les ruinrs [ii\l], i:5S:cf. le sous-Ulre ûe\aLoi natun-ue Î125"''], 83.

2. Cf. l'approhation presque sans réserve que donne Saint-Lambert aux « principes ■• d'ilelvetius, non seulement dans son Essai sur la vie et les ouvrages d'Helvelius, 1772 (cf. Correspondance litUraire [57], X, 102-104), mais mt^me dans le Catéchisme universel [494], I, .35- 36. Ce (jui confère à cel élon:e toute sa signincation, c'est qu'il précède immédiatement une critique de Rousseau et du ■■ caractère anti-social >• de ses œuvres (37-39).

3. Bernardin de .Saint-Pierre, Fragments d'autobiographie [589],

4. C'était le mot de Diderot sur Naijreon ; cf. la note de celui-ci a la Sa<ùe / [100], VI, 315.

5. Décret de l'Assemblée nuiionalc. portant règlement d'un culte sans prêtres, ou Moyens de se passer de prêtres sans nuire au culte (1790); Cultes et lois d'une société d'hommes sans Dieu (an VI) [587], 284-286.

LA PRÉPARATION DU « GKNIE DU CHRISTIANISME ». 28

dulilé, il embrigadera de vive force parmi eux toute lélite de riiumanité, Jésus compris '.

Encore une fois, il s'en faut, et de beaucoup, que cette irréligion bruyante ait été le seul apport des idéologues à la vie intellectuelle Iranraise : j'ai voulu seulement mettre en valeur les formules brutales et imprécautionnées qui ont paru le défi de quelques sectaires à tout un peuple en conversion. Entre cet esprit et celui de Jean-Jacques, la conciliation n'était pas possible. L'homme qui avait dénigré la raison, dénoncé les « pliilosophistes », « panégyrisé l'ignorance ^ », refusé son « adhésion au faux principe de la raison perfectionnée^ », ne pouvait se faire accepter par tous ces croyants de la raison et du progrès. « Puisque Rousseau, disait l'abbé Gérard en 1801, s'est expliqué sur ces objets avec, tant de franchise et de vérité, faut-il s'étonner qu',un si grand nombre de nos philosophes n'aiment pas Rousseau '► »? Sylvain Maréchal ne savait proposer comme morale à ses H.S.D. que cet « amour de l'ordre », dont le Vicaire Savoyard avait montré l'insuffisance '. Naigeon mettait toute son admiration pour Diderot au service de sa haine contre Jean- Jacques". Volney,dans ses Leçons d'histoire, en 1795, dénonçait les Confessions aux élèves de l'École normale comme le livre d'un fou sans moralité, « suite continue d'illusions d'esprit et d'égarements de cœur^ ». S'il se trouvait quelqu'un à l'Institut ou au Lycée pour protester contre leurs « désolantes doctrines » et « défendre la cause de Dieu »,

1. Cf., sur le scandale causé par le Diclionnairc des «</iees, Delisle de Saies, Mémoire en faveur de Dieu [510], '273 sq^., et sa Défense d'un liomtne atteint du crime d'avoir défendu Dieu [510"'"], p. XLVtii.

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