Du retour à la reVujion [51 1], 22, note
5. Id., 00-67. Ce dernior texte, et quelques autres, qui sont cités
LA f'RHI'AKATlON DU « GENIE DU CUHISTIANISME ». 289
Mais, si c'est bien l'esprit de Jean-Jacques qui anime toutes ces apologies sociales, je ne voudrais pas laisser croire qu'il est alors le seul des penseurs du xviii'' siècle à conseiller ce retour à la religion au nom du bonheur. Pour la génération qui a fait fête au Concordat et au Génie du chrisliaiiisme, Montesquieu est une autorité aussi considérable que Rousseau, et moins compromise : c'est une maxime de Montesquieu sur la religion maîtresse des doux félicités, présente et future, qui servira d'épigraphe nu Génie^; et l'élégante formule de Rivarol, que je citais tout à rhcure, est un souvenir direct deVEsprit des lois-. Lintluence de Rousseau se manifeste davantage chez tous ceux qui étudient le problème religieux en lui-même, et non plus seulement en fonction de la société. C'est autour de lui que viennent se grouper tous ceux qui veulent se faire une philosophie en face du philosophisme. « Le Vicaire de VÉinile, disait Delisle de Sales en 1802, est, pour nos l)Atards de Spinoza, une tête de Méduse, dont le regard les pétrifie^ ». Aussi est-ce au Vicaire que tous les théistes, y compris les théistes chrétiens, continuent à demander leurs arguments : c'est ce que fait Cousin-Despréaux, quand il veut s'élever jusqu'à « l'auteur de la nature* »; Necker, quand il proclame l'infaillible « magistrature » de la conscience, démontre l'Être suprême par « les cieux
dans co chapitre, ont déjà été mis en valeur par M. Viclor Giraud dans sa Genèse du « Génie du chrisliunisnie ». Cf. les délicates analyses qu'il a intitulées : « Évolutions morales contemporai,nes >> [616], 87- 100. La phrase de Didier est citée à la noie 1 de la p. 90.
1. Esprit des lois, XXIV, 3 [268], V, 119. « Chose admirable ! la religion chrétienne, qui ne semble avoir d'objet que la félicilé de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci ". Plus encore qu'avant 89, cette maxime est chez tous les apologistes : cf. Didier [511], 8; Gérard [505], 13, etc.
2. Cf. Esprit des lois, VIII, 13 [268], III, 322 : « Rome était un vaisseau tenu par deux ancres dans la tempèle; la religion et les mo'urs ». Le rapprochement a déjà été fait par M. Le Brelon dans son Rivarnl [577], 214, note.