o;i-2oo. Cf. encore
garants de bonheur dans cette vie et dans l'autre. Malheur h nous, qui avons brisé tous les talismans, qui avons cueilli sur l'arbre fatal les fruits amers de la science! Froids raisonneurs, voyez votre ouvrage! Vous vouliez qu'on vous expliquât mathématiquement l'origine et la vérité de votre culte, les ressorts de vos affections, l'état de votre être avant et après la mort : alors les autels se sont écroulés, les trônes ont été renversés dans la poussière, les passions les plus généreuses, les affections les plus pures, n'ont eu pour mobile que l'amour-propre; et. pour dernier malheur, lorsqu'on a voulu se réfugier dans le sein de l'immortalité, on n'a plus trouvé, derrière le rideau du trépas, que l'horreur du néant'.
Moins que jamais, après l'expérience des « raisonnements » révolutionnaires, l'opinion publique se sent attirée vers les « froids raisonneurs »; elle ne veut plus d'autre raison cjue son cœur, « elle ne veut que toucher » et être touchée. D'aucuns s'alarment de cette sensibilité sans mesure ni contrepoids. « On semble, disent-ils, dédaigner aujourd'hui de présenter les principes de la religion avec cet appareil d'autorité, cette force de démonstration et cette évidence de sagesse.... ce langage divin qui assujettisaient les esprits ^». Mais ce sont les ministres du Seigneur eux-mêmes qui donnent l'exemple des défaillances : ils prêchent « sur la sensibilité religieuse », et nous montrent dans leurs sermons un (c Jésus qui descendj en quelque sorte, de sa divinité, pour s'associer aux sentiments de notre nature, un Jésus homme, un Jésus sensible ^ ». En face des idéologues, qui se refusent à toute autre religion que « la religion de l'évidence'*», les rousseauistes no savent plus qu'exalter les évidences de la religion, les délices du sentiment, sa lumière et sa vérité. C'est en vain que Saint-Lambert et "Volney leur offrent leurs catéchismes de morale, <( catéchismes déi)0urvas