Volney, Les ruines
LA I'RL;I'ARATI0N nu « GENIK du christianisme ". Jl):.
do loiito espèce d'onction, de toute couleur, de toute sensibilité '>: ils ne se résignent point à remi)lacei' avec de telles leçons (( le langage animé, pénétrant, de la morale religieuse ' ». « 0 douces émotions de la piété! s'écrie Necker, venez dans toutes nos peines nous apporter vos consolations...; venez nous élever aux plus sublimes pensées, aux plus magnifiques espérances, par un sentiment religieux [)lus pénétrant que l'esprit, plus clairvoyant que le génie ^».
Ainsi le tenq)S n'est plus où l'on s'imaginait « dégrader la croyance des hommes simples et sans étude, en la nommant la foi du charbonnier ». Le sentiment la réhabilite; et c'est à Jean-Jacques que l'on a recours pour justifier cette réhabilitation : « Ah ! déclare l'abbé Gérard, si le sentiment moral est, dans l'opinion du Citoyen de Genève, le plus sûr instinct de l'âme, et sa plus pure lumière, cet homme rustique et grossier, cet homme simple et vrai, n'est pas dénué des motifs de conviction qui valent bien mieux que tous les sophismes de l'incrédulité. C'est par cet instinct moral qu'il est lié si étroitement à la religion ^ ». Mais à ceux qui ne peuvent plus avoir cette Toi du charbonnier, le sentiment réserve encore des compensations et des démonstrations décisives. Les unes, dont Rousseau a peu parlé, sans pourtant qu'il y soit resté étranger, sont ces jouissances de la sensibilité esthétique dont le christianisme a le secret, et qui sont comme la marque de son « génie '-^ », toutes ces délices de la religion que Lamourctte et Fauchet avaient déjà décrites en des pages qui n'étaient pas oubliées % tous ces plaisirs délicats et profonds que « l'irréligieuse barbarie » voudrait ravir aux