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intransigeants des philosopliislcs, un Fréret, un Boulanger, par exemple, il a gardé une méfiance tenace contre les leligions : il est de ceux qui, en tout et partout, u ctierchenl la raison des choses * ». Plus il sentira fortement la douceur de croire, plus il se regimbera aigrement contre les tentations de la croyance. « S"il se trouvait, écrit-il, que Timniortalité fût chimérique, et que cette erreur pourtant fût bonne parmi nous, ce serait une grande preuve, ajoutée à tant d"autres, que nous sommes hors des véritables voies - ». Voilà une réllexion qui eût été parfaitement à sa place dans le système de Jean-Jaccjues, mais qui n'eût guère été selon son esprit. Au moment donc où toute la jeune génération ne i)arlait que de dogmes « utiles >-> et de principes « consolants », Senancour a voulu maintenir les droits stricts de la vérité logique, et ne pas confondre « conduite » et <■ croyance ». Il l'a fait à plusieurs reprises^, mais nulle part avec plus de netteté, que dans cette page des Rêveries :
Pour persuader de la vérité d'une religion, il ne s'agit point de voir s'il y a lieu de désirer qu'elle soit vraie : ce qu'il faut voir, c'est si l'on peut la reconnaître pour telle. Il est incomparablement plus avantageux que la religion soit viaie, et que nous la suivions; nul ne contestera cela. Fùt-elle fausse même, il serait plus consolant de le croire : l'immense avantage de ses promesses n'existerait plus; cependant nous aurions eu, du moins, celui de supporter facilement, dans cette attente, les iniquités de la vie. Mais le désir d'être convaincu ne fait point qu'on le soit. Ne vous attachez donc plus à nous prouver que, dans la vie sociale, telle qu'elle est, chacun en particulier aurait intérêt à croire. On vous accorde cela, et même il y aurait de la mauvaise foi à le contester. Mais ce dont il faut que vous vous occupiez, c'est de nous donner le pouvoir de croire. Éta-