Cours de morale religieuse [4'.)8], il!, 2S
LA PRÉPAHATION DU « GÉME UU CIIRISTIAMSAIE ». 307
i,'-ieux — qui (lillÏTC des idées religieuses et ne peut èlrc reniplacé par elles — n"a pas été auparavant un besoin de rànie, ou n'est pas toujours resté dans son fonds, quoiqu'il ait pu être distrait par les passions, il est difficile qu'il vienne adoucir et embellir la fin de notre carrière ' ». Rousseau aura été rhoninie qui aura ravivé ou maintenu dans les dernières années du wiw siècle, ce « besoin de l'âme », sans lequel les idées religieuses proprement dites perdent leur prise. « Rousseau parle à mon cœur », écrivait Maine de Riran en 1794-. C'est parce que « Rousseau a parlé à son cimir », que plus tard, chez lui, Fénelon el Vlinilalion ont trouvé la route ouverte.
Mais, si un solitaire, comme Riran, peut laisser les inévitables évolutions s'achever en lui sans hâte, une nation est plus pressée, surtout lorsqu'un fait brutal, comme le Concordat, oblige les écrivains à prendre parti pour ou contre. Ce qui fait qu'en 1802 la Profession de foi n'est plus possible, mais qu'il faut, avec ou sans talent, écrire un Génie du cliristianisme, ou plus exactement un Génie du catliolicisine, c'est que la question du « rétablissement de la religion en France » exige des gens de lettres un oui ou un non. Les disciples de Jean-Jacques ne I)euvent pas ne pas répondre oui. La réponse d'un Chateaubriand sera le oui d'un croyant, ou, tout au moins, d'un fidèle; mais bien d'autres ont dit oui, qui,gardaient intacte toute leur incrédulité dogmatique. A la veille du Concordat, l'auteur d'une Vie du législateur des chrétiens, sans lacunes et sans miracles voulait « offrira la raison éclairée de la France le christianisme dans sa pureté primili\e ». Il attestait cette même raison que, de toutes les religions, c'était « la plus capable de rendre l'homme heureux »; mais, quand arrivera le « rétablissement des cultes », Mosneron acceptera de bonne grâce que ce « christianisme primitif ». sans miracles et sans dogmes, se déguise en