‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 239 sur 386 · Lettre à M. Perdriau. du 28 novembre 1754, X · texte numérisé non relu

Lettre à M. Perdriau. du 28 novembre 1754, X

4. Essai sur la litlêraUirc aiuilaise; Génie dn chrislianisme primitif; article du Mercure, d'avril I8lji [96!,XXX11I. 227, XXXI, 222, VIII, .56.

encore une façon de se maîtriser et de transposer sa passion en intelligence. « Ouelles orageuses et belles vies )>, réiiélait-il parfois', en songeant aux drames émouvants et splendides que furent les destinées de quelques grands artistes! C'est aussi ce qu'il a rêvé pour lui : un « orage », sans doute, mais un u bel orage »! lia vécu par le sentiment, sans être un sentimental, parce qu'il a corrigé son sentiment par la fantaisie. Le bon troupeau des <( âmes sensibles > a passé à côté de lui. Sa soif de gloire, son ardeur pour la beauté, ses puissances d'ennui et dé dédain l'ont préservé de s'y joindre.

Et puis, c'est quelque chose, quand on doit écrire le Génie du christianisme, de n'être pas un petit bourgeois de (lenève, mais d'être du sang des Croisés ^. Un christianisme sans pompe rituelle et sans la poésie du passé, qui garde en ses dogmes nus quelque chose de l'austérité et de la froideur des murailles de Saint-Pierre, sera toujours dépaysé dans une imagination bretonne, qui a reçu ses l)remières secousses aux saints du Saint-Sacrement et (levant la Vierge des matelots ^, dans une âme féodale, pour qui la piété envers le Christ estd"abord la piété envers la vieille France.

Tous ces désaccords profonds se sont surtout manifestés vers le tard. C'est alors que la diversité des existences, les forces rajeunies des souvenirs et de l'hérédité achèveront lie dissoudre ce qu'il pouvait y avoir entre ces deux génies (le fraternité spirituelle. Quand René aura promené son spleen dans les grandes ambassades, quand il aura fait « sa guerre », et quil sera devenu comme le Fénelon d'Henri V, il ne saura i)lus montrer à Jean-Jacques qu'une indulgence tempérée par un peu de mépris S Mais, dans ses années de jeunesse, dans ces années toujours anarchiques, où l'être

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