‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 24 sur 386 · Id · texte numérisé non relu

Id

SIGNIFICATIÛ.N UISTOHIOIE Dli) LA « PROFESSION I»E FOI •> . 37

meurtre de Cliarles I •■. de Henri HI, de Henri I\', la conspiration des poudres, la Saint-Barlhélemi, les massacres d'Irlande, les Cévennes, les Calas' »! Aussi, quand Rousseau, avec une satisfaction visible, termine son parallèle du « fanatisme » et du « philosophisme » i)ar cette question de prédicateur : « philosophe, tes lois morales sont fort belles, mais, montre-m'en, de grâce, la sanction, cesse un moment de battre la campagne, et dis-moi nettement ce que tu mets à la place du Poul-serrlio > ? — Voltaire lui décoche cette dernière réplique, où la colère est faite surtout d'indignation : « ce que lu y mcls, niiséialjle, qui te contredis sans cesse- ».

Oui, du point de vue vollairien. la Profession de foi est le |)amphlet dun « misérable » ; et l'on s'étonne, qu'après lavuir si fortement senti, Voltaire ne l'ait- jamais dit ''. Peut-être a-t-il cru plus habile de faire servir le livre « à la bonne cause », et de mettre l'accent principal sur ce qu'il y avait d'anti-prètrc dans ce sermon. Peut-être a-t-il cru que les bizarreries, les contradictions, les impertinences et les erreurs qui le déparaient, disparaîtraient pour le lecteur devant les cinquante pages excellentes où le N'icaire avait défendu les droits de la raison contre les missionnaires de toutes les religions. Mais, si c'est cela qu'il a cru, il s'est trompé; car c'est précisément le contraire (jui arriva. Quatre ans à peine après que la Profession avait paru, on remarquait déjà l'eflct de ces nouvelles maximes: et, grâce au A'icaire, dans l'armée des

Page 1