‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 25 sur 386 · Id., m · texte numérisé non relu

Id., m

■i. J'entends pubiii|uement. Je ne vois j^iioïc (jue l'arlicle Athée du Ditlionnaire phUosipId'iu: [340]. XVlll, 450-40", où, sans le nommer, il réfute la thèse de llousseau dans sa note linnle sur le fanatisme et l'athéisme; mais, là même, le déisme de Voltaire lui fait garder une certaine modération ; il se contente de dire, (]u"à tout prendre, il préfère encore l'athée au fanati(iue, parce que •■ ralliée, dans son erreur, conserve sa raison, (jui lui coupe les grilles ». Cf. encore une lettre à l'abbé d'Olivet, du 5 janvier 1767 [126i, XLY, 13, où Voltaire s'indigne contre le « charlatan » qui a eu l'impudence de parler de ■■ la mort d'un Dieu ».

« incrédules '), les premières désertions commençaient : « Jean-Jacques Rousseau, qu'ils regardaient comme leur coryphée, pose partout, constate Caraccioli. des principes dont ils sont alarmés ^ ». Et n'est-ce pas Voltaire lui-même qui écrivait à DAlembert en 1765 : c C'est parce que Jean- Jacques a encore des partisans, que les véritables philosophes ont des ennemis ^ »?

Il ne faudrait pas, en effet, se laisser trop émouvoir par toutes les protestations, d'ailleurs sincères ou presque toujours sincères, qui ont accueilli les « impiétés » dv Rousseau. Ces protestations bruyantes risqueraient de nous donner le change, elles empêcheraient d'arriver jusqu'à nous les échos de certaines consciences chrétiennes, et d'apercevoir surtout Tœuvre de christianisation diffuse que le Vicaire a réalisée. Pour expliquer la dernière altitude religieuse de Jean-Jacques, sa rupture avec les représentants officiels de la Réforme, et son état d'âme insurj^ectionnel à l'égard de tous les clergés, j'ai dû rappeler tous les libelles ecclésiastiques qui, de Neuchàtel et de Genève, se sont abattus sur lui. Mais, dans cette bande de « petits vipéraux », comme il disait ■\ beaucoup veulent atteindre d'abord le citoyen atrabilaire et le démocrate inopportun : l'hérétique lui-même les gène moins ou même peu; et la foi n'est, pour plusieurs, qu'un prétexte. Quand Diderot assure triomphalement (|uc Jean- Jac(|ues a déchristianisé la cité de Calvin, (|uand Voltaire, avec le même accent, remercie le Vicaire Savoyard d'avoir rendu >■ philosophe presque tout le peuple de Genève ^ ». ils se trompent, et prennent leurs désirs pour îles réalités.

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