‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 241 sur 386 · cf. encore · texte numérisé non relu

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« chaleur d'Ame » qui a perdu l'auteur du « sublime Emile », « du sublime Discours de V inégalité ^ ». Il peut liien çà et là se permettre sur son liéros quelque légère critique-, constater avec « un sentiment douloureux » que « l'immortel Emile » est <( devenu la machine qui a battu l'édidce des gouvernements actuels de l'Europe, et surtout celui de la France »; mais, quand bien même il ne saurait pas que « l'horreur du sang répandu aurait fait de Jean- Jacques un anti-révolutionnaire décidé », il ne lui ferait pas grief d'avoir à la fois prédit et hâté la Révolution; il en conclurait seulement « que la vérité n'est pas bonne aux hommes méchants; qu'elle doit demeurer ensevelie dans le sein du sage, comme l'espérance au fond de la boîte de Pandore ». Pour lui, qui est « un sage », il admire dans VÉmile, « la créature de Dieu », <( l'homme vierge de la nature », que « Rousseau est venu jeter parmi ses contemporains abâtardis »; il analyse la Profession de foi avec une tendresse admiratrice et approbative : on sent, à l'ardeur de son enthousiasme, qu'il a, comme il dit, trouvé dans ce livre « son trésor ». « Peut-être, ajoute-t-il, n'y at-il dans le monde entier que cinq ouvrages à lire : VÉn^ile en est un ' ».

Je me demande si, parmi les quatre autres, il ne faudrait pas encore faire place à la Julie et aux Confessions. L'écrivain qui, en 1797, commence un livre, et surtout un livre de philosophie historique, par ces questions théâtrales : « qui suis-je?et que viens-je annoncer aux hommes »? — ne peut être, comme le reconnaîtra plus tard Chateaubriand lui-même, qu' « un jeune homme nourri de la lecture de Rousseau, et reproduisant les défauts de son modèle* »■ Tout l'ouvrage est sur ce ton de confidence personnelle, disons-mieux : de « confession ». L'auteur ne nous épargne aucun des détails, les plus insignifiants qui intéressent sa

1. II, 17; I, 20; II, S7 [485], 111,99-100 et note; II, 82; III, 289.

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