‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 243 sur 386 · I, 70 [485|. II · texte numérisé non relu

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en moi par la solitude et la fierté'. « Mes mœurs, déclaret-il avec une satisfaction que Jean-Jacques aurait partagée, mes mœurs sont de la solitude et non des hommes- ».

Comme chez Jean-Jacques, ces aspirations vers l'anarchie ne sont, pour ainsi dire, que lenvers sentimental d'une anarchie intellecluclle. La pensée de Rousseau, nous l'avons vu, apparaît souvent contradictoire, à ceux surtout qui ne lexaminent que du del)ors, et qui ne savent pas en découvrir le principe intérieur. Mais les <^ contradictions » de Jean-Jacques sont presque de la logique, si on les compare à celles de VEssai : « C'est un véiital^le chaos, écrira trente ans plus tard Chateaubriand lui-même : chaque mot y contredit le mot qui le suit. On pourrait faire de VEssai deux analyses différentes : on prouverait, par l'une, que je suis un sceptique décidé, par l'autre, on me ferait connaître comme un chrétien bigot, un esprit superstitieux, un ennemi de la raison et des lumières. On trouve dans cette rêverie de jeune homme une profonde vénération pour Jésus- Christ et pour l'Évangile, l'éloge des évêques, des curés, et des déclamations contre la cour de Rome et contre les moines. C'est le combat d'Oromaze et d'Ariman : les larmes maternelles et l'autorité de la raison croissante ont décidé de la victoire en faveur du bon génie-' ». L'analyse est exacte, si l'on prend soin de remarquer que, môme dans VEssai, Oromaze et Ariman ne combattent pas avec des forces égales, et que déjà a le bon génie » a pour lui toutes les promesses de victoire.

Avouons-le cependant : les négations y sont parfois violentes, et d'un radicalisme qui eût fait horreur à Jean- Jacques, u Je n'ai jamais connu le doute », écrivait celui-ci à M. de Franquières. L'auteur de VEssai a connu « le doute », et plus que le doute. 11 ne se contente pas, comme Saint-Preux ou Julie, de mépriser les prêtres, les moines,

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