‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 244 sur 386 · Préface de 182b [485], 11, p. xxix · texte numérisé non relu

Préface de 182b [485], 11, p. xxix

RENE HERITIER DE JEAiX-JACQUES. 317

et « leurs hochets sacrés », de souligner avec plaisir leurs superstitions grossières et leurs pratiques immorales'; il ne se contente pas, comme l'auteur du Conira^ de dénoncer dans le christianisme une « religion d'esclaves », qui ne sait qu' « asservir les âmes sous la crainte de la mort- »; il ne se contente pas, comme le Vicaire Savoyard, de nier miracles ou prophéties, et de répéter avec lui : «. une chose n"est pas prédite, parce qu'elle^ arrivera, mais elle arrivera, parce qu'elle est prédite )) ; « il y a bien plus, comme il dit lui-même : c'est qu'il n'est pas du tout démontré qu'il exista jamais un homme appelé Jésus, qui se fit crucifier à Jérusalem-' ». Négation qui aurait paru démence à celui qui avait écrit : « ce n'est pas ainsi qu'on invente », mais qui l'aurait encore moins scandalisé que celle-ci : « les hommes sortent du néant et y retournent; la mort est un grand lac creusé au milieu de la nature; les vies humaines, comme autant de llcuves, vont s'y engloutir*».

Pourtant, si l'on ne se borne point à découper et à isoler ces déclarations, qui veulent être hautaines, mais qui sentent souvent l'audace d'affirmation de l'ancien commisvoyageur en bas"*, si l'on relit le livre tout entier, — alors ce rationalisme, par instants tapageur, se montre précaire, incertain; et ses négations les plus décidées se trouvent comme neutralisées par d'autres négations plus significatives. Dans la lutte contre le c philosophisme »,etses ((désolantes doctrines », l'Essai apporte des anathèmes violents,

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