‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 245 sur 386 · I, 29 [485], II · texte numérisé non relu

I, 29 [485], II

3. Cf. l'amusant article de M. Victor GiraucI, licné, commis-voyageur en bas [OiOi, liO-iSO. .\u reste, (ians son étucie sur la Genèse du « Génie du christianisme » [016]. 82-87, M. GiraucI a bien mis en valeur tout ce (la'il y avait d'inconsciemment ciirétien dans le chaos de VEssai,

amers, où roii devine la rancune d'une àme qui a soulTert par ceux qu'elle condamne maintenant; car, si, à tout prendre, l'auteur de VEssai dépasse les « objections » des « philosoijlies », ce n'est pas qu'il les ignore : il les a même résumées dans quatre cliapitr-es indécis, où Ion ne peut guère savoir s'il s'attriste ou s'il ironise'. Mais l'on ne saurait hésiter sur la valeur de telles autres pages, qui reprochent durement aux encyclopédistes d'avoir assombri l'univers, escamoté l'unie, découronné la vie-. S'il devait, comme eux, arriver aux suprêmes négations, il le ferait, sans doute, sur un ton plus respectueux {lonr le passé; et ce serait avec gratitude, émotion, prestpic piélé, qu'il « toucherait le Saint des saints " ». (^etle l'ormule, qui pourrait être de Jean-Jacques, laisse pressentir une âme involontairement religieuse; et, à la façon dont il rap[)elle que Rousseau, lui du moins, ^ croyait à Dieu ^ », on voit assez que, lui aussi, il ne demande qu'à y croire : il peut le nier avec son esprit; mais son cœur le réclame. Comme tous les malheureux, dont il ti^aduit avec un lyrisme fraternel les espérances et les besoins % il se tourne vers le « Père des affligés » pour consoler son infortune"; et c'est dans ces instants de foi sentimentale, qu'il paraphrase, en l'orcheslrant avec un art nouveau, le vieux thème des apologistes devant les merveilles de la nature : « il est un Dieu "' ».

Mais ce Dieu de l'univers, que proclament à l'envi « l'insecte », et « l'éléphant », il ne semble pas dabord que le chevalier de Chateaubriand veuille le confondre avec le Dieu des chrétiens. L'un des derniers chapitres de son livre introduit délibérément la question suivante, qui suppose

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