‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 249 sur 386 · I, 70, II, 23 [485 Al, 463, 541, noies · texte numérisé non relu

I, 70, II, 23 [485 Al, 463, 541, noies

SOI) niailre Jean-Jac(jues, il " juge avec sa sensibilité »; et il suffira à ce soi-disant « athée », qui fait si bon marché de toutes les « platitudes » des apologistes, il lui suffira d'une émotion plus forte, pour que toutes ces « platit . .es » se rajeunissent, et se ravivent en lui, au contact des souvenirs dont VEssai lui-même nous a montré la puissance. Pour qne le chevalier de Chateaubriand, incertain entre ses << lumières » et ses sentiments, se retrouve de nouveau chrétien, il ne lui manque que sa journée de Vincennes la révélation de son moi prolbnd dans une crise de larmes.

Celte crise, je n'ai pas à la raconter ici. On Ta fait, d ailleurs, avec autant de précision que de sympathie dans l'analyse ^ Diverses influences concomitantes ont pu la précipiter. Les suggestions d'un libraire-, la fréquentation d'émigrés convertis, la contagion d'une littérature qui se rechristianisait lentement ^ surtout l'espèce de révolution intérieure que lui causa la nouvelle de la mort de sa mère, les remords qui se joignirent à cette douleur et la rendirent plus poignante, fixèrent définitivement sur le versant chrétien cette sensibilité inquiète. « Je n'ai i)as cédé, j'en conviens, à de grandes lumières surnaturelles, déclarait-il plus tard; ma conviction est sortie du cœur; j'ai pleuré et j'ai cru '- ». Il a pu se tromper dans la reconstitution des faits, et confondre quelques dates; il ne s'est point trompé sur la nature de ses sentiments, pas plus qu'il ne nous a trompés sur la sincérité de sa conversion : la grande lettre, ardente et mystique, qu'il écrivit à Fontanes le 17 octobre 1799, laisse encore deviner, quelques mois après la crise, le frémissement inapaisé de son âme, et cette ferveur

1. Cf. V. Giraud, La genèse du « Génie du ckrisiianisine » [616], 101-lli. . 2. Sur cette intluence de Dulau, cf. les racontars de Las-Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, Paris, L'auteur, 1823, 8 vol. in-8, t. IV, p. 121-122 (note de juin 1816).

.3. Sur ces dernières influences, cf. F. Baldensperger, Chateaubriand et l'émigration européenne [590""~], II, 134.

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