‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 26 sur 386 · Lettre h Moultuu. du 2 avril 17G3, XI, IW · texte numérisé non relu

Lettre h Moultuu. du 2 avril 17G3, XI, IW

4. Lettre à Damilaville, du 12 juillet 17()3 [126\ XLll, olti.

.■>k;MFICATIOi\ HISTORIQUE DE LA « PROFESSION DE FOI ». 39

S'ils avaient ou lesprit plus libre, ils auraient compris que c'était plutôt la Genève chrétienne qui se reconnaissait dans la Profession de foi : elle y retrouvait un christianisme, dont la vivacité antiromaine lui plaisait, un christianisme « raisonnable », qui laissait à Jésus son autorité et sa vertu divines.

Les ministres eux-mêmes, nous l'avons vu, ont eu besoin de stimulants politiques et d'excitations étrangères, pour accepter la guerre ouverte avec un homme qui, si longtemps, avait été leur allié, et qu'ils ne pouvaient s'empêcher « d"aimer ' ». Le premier geste du pasteur Montmollin est tout spontané, et c'est un geste de sympathie. La plupart de ses confrères eussent fait comme lui : « Je dois ce témoignage à nos ministres, écrit d'abord Moultou, qu'il n'y en a pas quatre qui aient approuvé le décret, et pas un seul qui ait osé dire qu'il l'approuvfd - >-. Ce qui chagrinera leur christianisme, ce n'est pas tant le Vicaire Savoyard que le dernier chapitre du Contrat. Les " doutes respectueux » sur la révélation ne les effaroucheraient pas, si la vertu sociale du christianisme était mise hors de cause •^. La théorie de Jean-Jacques leur paraît, sur ce point, équivoque et impolitique. Mais, tant qu'il respectera les prêtres de la Réforme, bien peu suspecteront son christianisme profond. Comme presque tous « abhorrent Voltaire », ils sont sensibles à tout ce qu'il y a d'antivoltairien dans sa religion. Entre le Sermon des cinquante et la Profession de foi, ils comprennent qu'il y a un abîme, l'abîme de la pensée chrétienne ^. Observez les premières impressions de INloullou, quand Jean-Jacques lui confie le manuscrit du ]'icaire Savoyard. Il reconnaît que, « sur ce qui concerne la révélation, si leurs opinions, ne

\. Moultou à Rousseau, letlros des 16 juin el |:î octobre 1702 [27], I, 39, 04.

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