‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 258 sur 386 · Génie, II, m, 4 [.509, II · texte numérisé non relu

Génie, II, m, 4 [.509, II

2. Cf. Géitir, IV, m, 3, 11, i, 4, m, 9, v, 1 [309], 111, 114, II, 33, 158, 215 : dans la seconde des formules de Chateaubriand que j'ai utilisées ici, je n'ai pas suivi la leçon do l'édilion originale, qui traduisai^t trop confusément la pensée de l'auteur : ■■ les grandes âmes, comme les grands fleuves, sont sujettes à noyer leurs rivages » : cf. [9fr, X\\, 263, et [oO'J A], II, 32. Cf., pour Rousseau, les textes que j'ai cités au t. Il de cet ouvrage, p. 225-231.

tudcs de la terre ', ce hautain désert du cœur où le génie se sent seul à seul avec Dieu : « Il y a dans la religion toute une solitude », écrit Chateaubriand''; et c'est une formule qui aurait pu servir d'épigraphe aux Rêveries.

Il est vrai que, sur certains points qui paraissent essentiels, la doctrine du Génie et celle de VÉinile apparaissent irrémédiablement contradictoires. Si Chateaubriand ne réfute pas la thèse de la bonté de la nature, qu'il semble ignorer, il adhère formellement au dogme de la chute originelle. Son explication du mystère de Tâme humaine est d'un chrétien qui a lu les Pensées, et qui, derrière Pascal, reconnaît dans l'homme « un palais écroulé, rebâti avec ses propres ruines » ^ Mais nous avons vu que Rousseau n'était peut-être pas aussi sûr de la bonté de la nature que certaines affirmations tapageuses pourraient le laisser croire, et qu'il se ralliait [)ratiqucment aux descriptions pascaliennes du chaos humain, grandeur et bassesse, matière et esprit, instincts de la chair et aspirations de la conscience*. Inversement, on pourrait dire que, chez Chateaubriand, la théorie du péché originel est surtout une explication de valeur artistique, plutôt que le fondement d'une morale qui prêcherait la lutte contre la nature. En dépit des apparences, ces deux esprits se trouvent réconciliés dans une même analyse du cœur humain, qui laisse intact, à l'arrière plan, l'idéal de « nature ».

Cet idéal ne s'affirme que très discrètement dans le Génie; mais il est sous-jacent à quelqnes-unes deses pages les plus célèbres. « L'innocence des mœurs champêtres » y est certifiée comme un de ces postulats qu'on ne discute pas, et devient même un argument inattendu en

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