‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 262 sur 386 · Génie, II, vi, 2, lY, m, 1 [oOQ ], 11, 307, IV · texte numérisé non relu

Génie, II, vi, 2, lY, m, 1 [oOQ ], 11, 307, IV

RENE IIERITTER DE JEAN-.IAr.OlES. 339

Mais ce serait simplifier à l'excès 1 œuvre de Chateaubriand que d'y voir uniquement, comme semblerait l'indiquer le sous-titre de l'édition originale, un recueil des « beautés de la religion chrétienne ». Cette mise en valeur des '< beautés » religieuses, est, sans aucun doute, l'apport le plus nouveau du Génie à l'apologétique chrétienne; il s'en faut que ce soit là le tout de l'œuvre; et c'est dans des pages moins personnelles, mais tout aussi efficaces sur le public, que Chateaubriand reste le vrai disciple de Jean- Jacques.

Du premier Discours aux Rêveries, toute l'action spirituelle de Rousseau peut être interprétée comme une croisade anti-intellectualiste. Rendre suspects aux âmes droites les pontifes du « philosoplwsme », leur montrer l'incertitude de la raison et le péril de la science, les orienter vers ce (pii est l'essentiel de la vie, la bonté et le bonheur, c'est ainsi que Rousseau a compris sa « mission » dans le (i siècle des lumières ». Ce sont les mêmes anathèmes et les mêmes appels que reprend ra[)ologisledu Génie. Il n'ose pourtant pas se réclamer du premier Discours; il sait que c'est un manifeste « suspect »; il craindrait, sans doute, qu'on pût penser qu'il se serait laissé innocemment séduire l)ar cette « éloquence déclamatoire » *. Mais quelques pages plus loin, il installe, sans y penser, Jean-Jacques parmi les grands législateurs, les Minos, les Lycurgne et les Caton, qui ont eu la sagesse de « chasser les sciences de leurs républiques »-. Dans le fond, il est avec eux, avec l'aitôtre du Discours de Dijon. Un mot est devenu, vers la fin du xviiF siècle, comme le mot de passe, ou, si l'on veut, le cri de ralliement des « philosophes » et des idéologues :

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