‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 265 sur 386 · I. Génie, 111, n, 2 LoU9l, lit · texte numérisé non relu

I. Génie, 111, n, 2 LoU9l, lit

au nom d'un idéal de vie, qui est celui môme de Rousseau. « Les âges irréligieux conduisent nécessairement aux sciences, et les sciences amènent nécessairement aux âges irréligieux* ». Pour briser ce cercle néfaste, il suffit de renoncer à la science, à cet « arbre de science qui produit la mort ». i( Toujours les siècles de philosophie ont touché aux siècles de destruction ». Pour i^établir l'homme dans la nature et dans la vérité de la vie, arrachons*le à ces fausses lumières, et « tâchons de lui conserver, pour son bonheur, un cœur simple et une humble pensée ^ )\ C'est, sous une forme i)resque bucolique, l'éloge du « fanatisme ». Le mot n'est pas de ceux qui effrayent Chateaubriand; et il reprend les paroles mêmes de Rousseau jiour célébrer cette « i)assion grande et forte », qui donne aux âmes « un ressort prodigieux », et qui les soustrait à la désolation d'un athéisme impérieusement négateur 3. S'il est vrai que Chateaubriand ait « restauré la cathédrale gothique* », c'est dans les démolitions de ce temple de la « Philosophie », irrémédiablement profané par Jean-Jacques, qu'il en a pris les matériaux.

Les anathèmes de Jean-Jacques contre les « inintelligibles systèmes» du « philosophisme » contemporain impliquaient, nous l'avons vu, une apologétique i)Ositive. A une i^hiiosophie destructrice et démoralisante, il opposait les bienfaits de la religion. « De V utilité delà religion, titre d'un beau livre à faire et bien nécessaire », avait-il déclaré sur ses vieux jours". De ce livre, dont il avait fourni les thèses cssen-

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