‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 268 sur 386 · Profession de foi · texte numérisé non relu

Profession de foi

4. Génie, IV, vi, -3 [509], IV, 256. Comparez encore la formule de Rousseau, que, du reste. Chateaubriand mettra en valeur dans la conclusion de son livre, Profession [47], 459 : ■< Par les principes, la philosophie ne peut faire aucun bien que la religion ne le fasse encore mieu.x, et la religion en fait beaucoup que la philosophie ne saurait faire ».

RKNE HERITIER DE JEAX-JACQUES 34^

point, j ai cité de Jean-Jacques trop de déclarations explicites pour y revenir ici *. Le Génie, lui aussi, eu nous demandant notre adhésion à l'Évangile, ne cherche pas tant à nous inii)Oser une représentation intellectuelle de l'univers quà nous munir d'une règle de vie : « Sa doctrine n'a point son siège dans la tète, mais dans le coeur; elle n'apprend point à disputer, mais à bien vivre ^ ». Pour qui juge de la vérité d'une doctrine par sa puissance sur les âmes, la religion chrétienne s'impose à l'admiration comme un incomparable <■ système de bienfaits ' ». Le bon médecin social ne lui demandera pas d'autre preuve que cette bienfaisance même: il ne tolérera pas que, sous prétexte de combattre le « fanatisme », on essaye de la ruiner : « A force de déclamer contre la superstition, on finira par ouvrir la voie à tous les crimes' ». Partout où les lois civiles ont apporté dans la vie plus de justice, de douceur et d'indulgente compréhension, c'est l'esprit du christianisme que l'on retrouve derrière toutes ces réformes''. Rousseau avait déjà fait observer que l'Évangile avait humanisé l'idéal des gouvernements, et que « la belle morale », dont se parait la <c Philosophie », n'était que du christianisme inconscient ". Chateaubriand complète ces fines remarques, en esquissant pour conclure, une sorte de Génie social du christianisme, qu'il devait reprendre plus tard '. C'est dans les paroles du Christ, dit-il, que nous devons chercher la source divine des grands principes modernes, liberté, égalité, fraternité : « les conseils de l'Évangile forment le véritable philosophe, et ses pré-

1. Cf., notamment, au t. II de cet ouvrage, p. 88-90, 168-J73, 210- 225, etc.

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