‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 269 sur 386 · Id., IV, VI, 10 [509]. IV · texte numérisé non relu

Id., IV, VI, 10 [509]. IV

6. Profession de foi [47], 461; HI" Lettre de la montagne, III, 146.

7. Mémoires d'oiUre-lombe [135], II, 290-291, VI, 550-553; Éludes historiques [90], IV-VU, passiui.

ceples le véritable citoyen ' ». Ayant ainsi, suivant une formule que Necker lui eût enviée, <( additionné la somme des bienfaits de la religion ^ », il n'ose pas, sans doute, proposer au premier consul de rendre le gouvernement aux gens d'Église, mais il laisse son lecteur sous cette impression que christianisme et bonheur sont synonymes, et qu'une « république chrétienne » porterait à son maximum ce que le genre humain peut connaître de félicité : il cristianesimo felice 'K

Il semblerait que de pareilles thèses fussent exactement à l'opposé de celles du Contrat social; elles en sont pourtant assez proches. Outre que Rousseau n'a jamais condamné les théocraties coriime systèmes de gouvernement, et qu'il a laissé entendre, au contraire, qu'elles avaient ce grand avantage de donner à l'État une merveilleuse unité *, on pressent tout ce qui devait le charmer dans cette « république chrétienne » du Paraguay, que Chateaubriand a célébrée avec un tel lyrisme d'attendrissement ^, et qui, sans réaliser, dans sa « politie », la cité idéale du Contrat, en avait pourtant les mœurs, et, en un certain sens, l'esprit. D'ailleurs, on s'en souvient, c'est d'un point de vue strictement politique que Jean-Jacques refusait d'introduire le christianisme dans l'État. D'un point de vue social, il ne se laissait dépasser par personne dans sa reconnaissance pour l'Évangile. En rappelant avec force que « nos gouvernements modernes doivent incontestablement au christianisme leur plus solide autorité " », il avait i)réparé la voie à tous ceux qui, de VÉniile au Génie, avaient salué dans la morale chrétienne un des grands principes conservateurs.

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