‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 29 sur 386 · Lcllre du 11 m.ii 1704 J · texte numérisé non relu

Lcllre du 11 m.ii 1704 J

2. Lettre à l!ous>eau. du 31 déLeinhre 1702; cf. eiuore la lellre de Daniel de Piiry. du 10 déceinijre 1702 [13^

SIGNIFICATION UISTOHKUIE ItE LA *' PROFESSION DE FOI ». 45

Savoyard — ce divin écrit si propre, selon moi, à l'aire des vrais chrétiens — a dissipé mes doutes. J'aime la religion protestante où je suis m'', j'en pratique les devoirs autant tpie la faiblesse humaine le comporte, sans m inquiéter sur les choses qui sont nécessaires au salut; et j'ai le témoignage de ma conscience. Voilà, monsieur, à quoi vous m'avez conduit; et. par vous, je me trouve aussi heureux qu'un mortel peut lélre.One ne vous dois-je pas' )>! Cet aveu de reconnaissaince me parait symbolique : c'est celui de toute une jeune génération, à cpii Rousseau aura i)ermis de croire encore.

Dire qne la Professio;} de foi a pu garder cette signilication chrétienne en pays catholique, semblerait un paratloxe, presque une extravagance. Cette oeuvre que Rousseau destinait — il nous l'assure — à mettre en lumière « les contradictions du romanisme - », on voit mal d'abord quelle vertu conservatrice aurait [m lui rester. Et pourtant, comme on va le voir, les faits se chargeront de faire de ce paradoxe une vi'-rité. Ici plus que jamais, il faut écarter provisoii'ement la foule des mandements, des censures, des comptes rendus, indignés ou injurieux, des réfutations de toute encre, qui dénoncent la Profession de foi comme la somme portative des impiétés modernes. Un an après VÉtnile, on prêchait contre Jean-Jacques dans les églises de Paris, plus, sans doute, qu'on avait encore prêché contre Voltaire. On « l'anathêmatisait •>-. dans les formes^. Si l'on excepte le scandale causé par la Vie de Jésus, il n'y a peut-être pas eu, dans le monde catholique français,

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