‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 3 sur 386 · Lettre à M. de Beauinont · texte numérisé non relu

Lettre à M. de Beauinont

intellectuelles de la vie et du monde. A l'époque de Rousseau, on peut dire qu'il y a déjà une métaphysique et une psychologie <( chrétiennes ». Nous les retrouverons dans la Profession du VicaireK Soutenir, contre Condillac et les sensualistes, que l'homme « n'est pas seulement un être sensitif et passif, mais un être actif et intelligent »; contre La Mettrie, Diderot et D'Holbach, que le mouvement n'est pas essentiel à la matière, et « qu'une volonté meut l'univers », que le monde n'est pas le produit fortuit de puissances aveugles, mais que les merveilles de la nature proclament une « suprême intelligence )>; contre Locke, et presque tous les « philosophes », que « la matière ne peut penser », et que nous pensons avec une âme si)irituelle, distincte du corps, et prenant sa source plus haut que lui; contre Helvetius et Fréret, << qu'il n'y a point de véritable volonté sans liberté », et que c l'homme est libre de ses actions»; contre Montaigne, Mandeville, D'Argens, et tous ceux qui veulent, en rendant incertains les principes de la morale, énerver notre sentiment du devoir, que la justice est immuable, universelle, et qu'il est au fond de nos âmes un « instinct divin m, une conscience, qui, pour nos actions comme pour celles des autres, fait le départ infaillible du bien et du mal; contre Voltaire, que le Dieu qui a organisé le monde ne l'a pas abandonné au hasard, mais que cet être, « souverainement puissant, souverainement bon, souverainement juste », est une « Divinité bienfaisante », un « père », qui a tout fait pour le mieux; contre les holbachiens et les « philosophistes » de toute nuance, que » riiommc ne vit qu'à moitié durant sa vie », que <c tout r^c Unit }ms pour nous avec la vie », et que l'imniortalité de l'Ame, en rétablissant l'ordre, justifie la Providence; « contre le « triste philosophe » du livre De l'esprit, que l'homme est vraiment <( le roi de la terre », et (pie, dans le « poste hon(jrable » où Dieu l'a placé, il est le

1. Jo renvoie aux noies de mon édition [47], où l'on trouvera, pour chaque doctrine combattue par le Vicaire, les références exactes et les textes précisément visés.

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