‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 34 sur 386 · Au mùme, letlre du 10 noùt 1752, X · texte numérisé non relu

Au mùme, letlre du 10 noùt 1752, X

préjugés qiril faut respecter, quand on ne peut ôter ces préjugés sans ôter aussi ce qui les rachète' )>. Les rousseauistes vont se demander bientôt si telle ne serait pas la situation actuelle des esprits. « La Profession de foi, dira-t-il encore dans les derniers jours de sa vie, peut faire un jour une révolution parmi les hommes, si jamais il y renaît du bon sens et de la bonne foi ^ ». Ce n"est pas une « révolution > qu'elle devait faire, mais une restauration, et une restauration chi-étienne.

11 ne faudrait pas s'en étonner : à tout prendre, et malgré ses apparentes négations, elle reste, comme on a vu, toute pénétrée de doctrines, de sj^mpathies, de survivances et de traditions chrétiennes. « 0 testimoniuni animse naturaliter christianse », disait Vernet en la lisant''. Il avait raison. La Profession de foi est le témoignage dune àme naturellement orientée vers le christianisme; et, dans un manifeste comme celui-là, si vite populaire, ce qui importe, c'est l'orientation. Ce serait l'interpréter à faux d'en mettre toutes tes affirmations sur le même plan, et d'y voir, sans plus, un bréviaire de contradictions. Toutes ces affirmations ne se valent pas. Bergier a pu écrire tout un livre pour « réfuter le déisme de Rousseau par luimême ^ » ; mais il n'a pas su démêler dans son œuvre les paroles mortes en naissant et celles qui avaient l'avenir pour elles. L'évêque Lefranc de Pompignan a vu plus juste : il y a dans ce que dit le "N'icaire Savoyard des formules, des maximes, des affirmations sentimentales, qui ne font pas simplement équilibre à d'autres affirmations, maximes ou formules, mais qui. pratiquement, les détruisent : « Après cela », — dit lévt'cjue du P.uy, quand

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