‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 36 sur 386 · Philosophie des incrédules modernes [333], I · texte numérisé non relu

Philosophie des incrédules modernes [333], I

radmiralion, do la dévotion et de l'art? C'était un cri nouveau, dont les prédicateurs auront bien raison de s'emparer, parce que, dans sa spontanéité même, il est comme la revanche dune Ame inconsciemment chrétienne, un hommage d'autant plus précieux qu'il est moins préparé. Par ma Profession, dira Rousseau, je voulais « établir à la fois la liberté philosophique et la piété religieuse' ». L'équilibre est dans la formule — peut-être, même quoiqu(^ ce soit moins sûr, — dans le dessein; elle n'est pas dans la réalité; et c'est « la piété religieuse » que le Vicaire Savoyard sera venu « établir» ou rétablir. Historiquement, la Profession de foi reste l'apparente volte-face d'un ancien « philosophe » contre la « philosophie » et le « philosophisme » ; elle reste le témoin de tout un passé chrétien, qui a résisté à la « raison » comme aux « raisonnements », et qui affirme ainsi sa vitalité. <( Les catholiques, qui s'obstinent à vouloir jouer quitte ou double, disait Rousseau à Malesherbes en 1761, ont gi-and tort; ils no trouveront sûrement pas leur compte au iuarcli(''; or, pourquoi serions-nous tenus d'avoir le même tort qu'eux? Los réformés commencent à si'utir la nécessité de sacrifier quehpies bi'anches, pour conserver le tronc- o. Les catholiques n'avaient peut-être pas si « tort ». I^n conservant le ' tronc », Jean-.Iarques travaillait pour eux; car, si larbre était» ébi-aucli('' -•, le « tronc ■> restait vert; bientôt il devait pousser de nouvelles <• Ijranches »; et, sous l'arbre redevenu toul'iu comme jadis, les catholiques pourraient s'asseoir.

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