‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 37 sur 386 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

« Vous pouvez vous rcssouvonlr, écrit Saint-Brisson à Jean-Jacques, que j'osai vous demander un jour : quid est verilasl avec toute l'inquiétude d'un homme bercé par l'opinion et qui n'y peut plus tenir' ». C'est à Montmorency que Sainl-Brisson re()renait pour son compte la question de Pilate à Jésus. Question symbolique, qui n'est pas seulement celle d'un jeune esprit « inquiet », mais qui est celle aussi de toute une génération en désarroi. yVu moment où Saint-Brisson la posait à Jean-Jacques, ceux qui. pendant si longtemps, avaient eu la direction des âmes françaises, l'avaient, semblait-il, définitivement perdue. Si jamais le mot de l'abbé Coyer avait pu se justifier, c'était maintenant : « la chaire de vérité n'était pas une chaire de conversion- ». De plus en plus, bien des intelligences et des cœurs, lassés du christianisme, se tournaient vers « ces prédicateurs d'une autre espèce, qui, sans vocation, sans être attachés aux autels », prêchaient les vérités nouvelles.

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