LA SIGNIFICATION HISTORIQUE DE LA« PROFESSION DE FOI
L'action religieuse de Rousseau : qu'elle dépasse la limite de ses pensées et même de ses conseils 3
I. — Le moment de la prédication de Jean- Jacques; son importance historique. -- Rousseau l'a bien sentie. — Ce qui était alors en (juestion et ce ((u'il s'agissait de sauver : l'essentiel.
— Mais, ([n'en étant le •• défenseur de la cause de Dieu », Rousseau devenait en même temps le >• défenseur de la cause chrétienne >■ 4
II. — La « philosophie » du christianisme; ses thèses fondamentales. — Comment le naturalisme de Diderot et autres ■• phi-4 losophistes » en prend partout le contre-pied. — Comment le\ Vicaire Savoyard rétablit en face d'eux la thèse chrétienne.
— Un mot éfiuivoque : celui de « nature ■-. — Ce que dit la nature de Diderot, et ce que dit celle du Vicaire. — Le théisme de Rousseau conduisant logiquement à la « superstition » 7
III. — La Profrssion de foi et sa « philippii|ue contre le christianisme ». — La replacer parmi les autres libelles anti-chrétiens qui la précédent ou la suivent de peu : ceux de Voltaire, du curé Meslier, de Fréret, Boulang-er, Dumarsais, etc. — Les imprimés et les manuscrits; et que Rousseau a connu les uns et les autres. — Sa répugnance pour leurs » basses et
solles inlerprélations » du christianisme. — L"hisloire des religions d'après » l'orgueilleuse philosophie ».' — Rousseau et son elTort de sympathie intelligente 13
IV. — Ce qui reste de respect dans les négations du Vicaire. — Négations toutes logiques qui permettent les réserves sentimentales. — L'incrédulité des encyclopédistes conséquence de la discipline historique du xviii" siècle. — L'indilTérence de Jean-Jacques à l'histoire. — L'argument du « cœur » décisif : « ce n'est pas ainsi qu'on invente ». — L'utilité morale et sociale du christianisme; et les conseils pratiques qu'elle autorise : <> c'est uhe inexcusable présomption de professer une autre religion que celle où l'on est né 22
V. — Les antipathies du Vicaire; son réquisitoire contre le «■ parti philosophiste ». — Un mot (ju'i! a mis à la mode, et
Vqui sera tout un argument. — Les premières impressions des j« philosophes » devant la Profession de foi; et qu'ils n'en ont pas senti ou voulu sentir l'irréconciliable opposition à leurs doctrines. Les cris de joie de Diderot et de Voltaire. — Les annotations de Voltaire sur son exemplaire de VÉinile; et qu'elles trahissent une plus juste compréhension de l'œuvre 1 de Rousseau : Le Vicaire « calomnie les philosophes » et les i discrédite dans le public 20
VL — Qu'on l'a compris dans les milieux chrétiens, malgré d'inévitables et bruyantes protestations. — La secrète adhésion des ministres de Genève. — Leur gratitude pour ce qu'il y a d'anti voltairien dans la Profession. — Le certificat du christianisme que plusieurs ne veulent pas refuser à Rousseau.'— Témoignages de Moultou, Vernet, Mouchon, Wegelin, etc. — La sympathie du pasteur Pomaret. — Le Vicaire convertit des âmes inquiètes, .. dissipe di-s doutes », •• fait de vrais chrétiens » 38
VIL — Qu'on ne s'étonnera point qu'en pays catholique les anathèmes aient été plus vifs qu'à Genève. — Ce qui explique le scandale. — Mais, pour le public parisien, la Profession est un manifeste plus audacieux que dangereu.x. — Ce qu'il y a de conservateur dans les conseils du Vicaire, et qu"on l'a senti. — « Les dévots vous chérissent » ; et pourquoi : les philosophes plus atteints (|u'eu.\. — Le icslimoniuni aniinœ iiaturaliier christianœ — Les hommages que rien ne peut faire oublier. — L'iniluence d'un livre; et qu'elle ne se mesure pas strictement à son contenu, mais à son orientation (^tà l'élan de certaines pages. En travaillant à conserver le tronc, le Vicaire permet aux branches de reverdir 43
I. — Le (juid est verilus'^ d"uiie géuérulion in<iuièlo. — L'appel à Jeaii-Jaciiues : « apprenez-moi à vivre ». — Un Ijréviaire sur " le vrai prix de la vie » : les Pensées de J. J. liousieau;el que c'est presque un bréviaire de dévolion. — Les lecteurs pieux
de Jean-Jacques 55
II. — Et, sans doute, (|u'il y en a d'autres; mais (jue la plupart, au contact de Rousseau, retrouvent le sens du re^pect des choses religieuses et, dans le regret de l;; foi perdue, le désir de la reconquérir, ou, du m<jins, en attendant, la soumission à la discipline du culte traditionnel. — L'exemple de l'abbé de Carondeiet et de Seguier de Saint-Brisson. — Lettres de jeunes gens à Jean-Jacques : la gratitude des àipes régénérées. La confession du jeune Lecomle: comment Vlléloise l'a <■ converti »; nombreux témoignages analogues. — Les guérisons spirituelles ojtérées par Rousseau; et (lu'elles sont, presque toutes, « religieuses», soit par leur aboutissement, soit par l'émotion qui les accompagne 00
III. — .Mais que souvent cette religion n'est autre ([ue la religion de Jean-Jacques, c'est-à-dire le culte de Jean-Jacques. — Le lyrisme dévot de ses disciples pour « le père de leur âme •• : « on ue peut l'aimer faiblement ». — Déclarations de Mouchon, Roustan et autres ministres. — L'assimilation plus ou moins consciente à Jésus. — Jean-Jacques, le Christ d'une génération qui cherche un Dieu plus voisin et ■• sensible au cœur ». — Le contre-coup de ces appels exaltés sur l'orgueil
de Rousseau 70
IV. — Comment la proscription, le malheur des dernières années et la fin mystérieuse du prophète ont alimenté la ferveur de ce culte nouveau. — Qu'il n'f a pas de culte de Voltaire après sa mort; mais que l'Ile des Peupliers devient une terre sacrée. — La « secte ■< du dieu. — Les pèlerins d'Ermenonville. — Le pèlerinage de l'abbé Brizard et du baron de Clootz : rites, jirières, cérémonies expiatoires, vœux et résolutions. — La ferveur religieuse autour du sanctuaire dans les années qui précèdent la Révolution 76
V. — Les manifestations révolutionjiaires sur le tombeau de Jean-Jac(|ues ; les discours, fêtes et monuments en son honneur: mais qu'ils ont surtout un sens politique. — Le vrai culte de Jean-Jacques plutôt réfugié au théâtre. — Le J. J. Rousseau à ses derniers moments de Bouiily, et la prédication du
« cinquième évangile » - 8G
VI. — Que, d'ailleurs, ce « cinquième évangile » s'allie alors assez souvent avec la négation des quatre autres. — La rousseaulàtrie anticléricale de quelques grands révolutionnaires: Brissot, Clootz, etc. — Les précisions de l'auteur du Voyagea Ermenonville : ce que veut dire « le culte de Rousseau » : « un culte sans divinité », ■< des adorateurs sans superstition ». — Ce n'est pas dans « le culte de Rousseau » quil faut chercher les vrais héritiers de sa religion.