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CHAPITRE III

Ceux que Voltaire appelle ainsi, et ceux qui le sont réellement.

I. — Difficultés dans l'établissement de cette filiation spirituelle. Influences antérieures ou concomitantes, qui peuvent se confondre avec la sienne. — Les « physiciens » de la génération de Pluche. — Le déisme des •• philosophes »; et dans (|uelle mesure il peut donner l'illusion de celui de Rousseau : du Voltaire ou du Diderot qu'on pourrait prendre pour du Jean- Jacques. — L'influence des rêveurs anglais ou des idylliques allemands : la fraternité de Rousseau avec Young, Ilervey, Zimmermann, etc. — Un exemple : le thème du curé de campagne; et que, si c'est le Vicaire Savoyard (|ui l'a rendu populaire, d'autres ont collaboré à en fixer les traits légendaires, aussi bien Voltaire que Goldsmith. — De deux champs d'influence qu'on indique sans les explorer : la franc-maçonnerie; et s'il y eut beaucoup de « vicaires savoyards » parmi les curés maçons. — L'épidémie théosophique à la fin du xvni' siècle : et ce que Saint-Martin doit à Jean-Jacques. . .

II. — L'action de Rousseau sur les <■ philosophes » laïques, ceux môme qui ne le suivent pas jusqu'au bout, ou le combattent. — Mably, ses Entreliens de Phocion et sa Lt'gislation : ce qu'ils empruntent à la Profession et au Contrat : son théisme civique et intolérant. — Mais que Rousseau n'en est pas seul responsable; pas plus qu'il ne saurait l'être de l'étatisme anticlérical de Raynal. Opposition foncière des deux tendances malgré l'analogie de quelques formules. — Le rousseauisme de Marmontel. Les « professions de foi » de son Rélisaire et du Vicaire Savoyard : un Vicaire plus opportuniste et moins mystique. — Un représentant de la " tourbe philosophesque » : Delisle de Sales et sa Philosophie de la nature. — L'opposition à Rousseau dans ce - livre exécrable » ; et pourtant ce que le Vicaire a laissé de son esprit chez ce " défenseur de la cause de Dieu »

m. — Ne pas s'arrêter plus l()nj;ueinent à l'examen des ouvres individuelles : suivre plutôt les grands courants de pensée ou de sensil)ililé dont Rousseau reste la source. — L'anathème aux " pliilosoplies »,ou mieux aux « pliiiosophistes ■■ ; le réquisitoire contre leurs « désolantes doctrines ». — Méfiances à li'gard d'une science sans conscience et d'une •■ raison sans principes » 125

IV. — La lutte autour du concept de " vérité ». — Le mot de Housseau : « il ne s'agit pas de savoir ce qui est vrai, mais ce qui est utile ■>. — L'opposition du Vicaire aux principes de D'Holbach, Fréret, La Mettrie et autres prêcheurs de vérité « vraie ». — « Si la vérité peut jamais nuire » ; si elle doit être » consolante «. — La réponse des disciples de Jean- Jacques, celle de Necker, par exemple ; et qu'ils proclam^r'^ut '• vérité » tout ■• beau système d'espérance ». — Suprématie du sentiment et de l'instinct. — Les « plaisirs de l'ignorance » ; nos vœux, nos désirs équivalent à « un sixième sens, un sens

à distance » 12'J

V. — Application de ces principes à la religion. — Sa supériorité sur la philosophie. — Le programme fourni par Itousseau : « De Culililé de la Beligion! litre d'un beau livre à taire et bien nécessaire ». — Comment ce livre s'écrit après lui et d'après lui : Necker et son Importance des opinions reUyieuses. — L'apologétique du prolit. — « L'accord intime de la religion avec l'ordre social ■>. — Les ■< bienfaits » de la religion. — L'éloge <lu curé, ei que Rousseau l'a mis à la mode pour longtemps 130

YI. — La bienfaisance spirituelle de la religion. — Accord du christianisme et de nos besoins intérieurs. — La douceur des émotions religieuses. — Comment Jean-Jacques a aidé à les goûter; et comment ces amateurs de la beauté chrétienne nous acheminent vers Ghateaul)riand 146

Vil. — L'attitude pratique de ces prédicateurs du sentiment : quelques-uns intégralement chrétiens; la plupart se bornent au' théisme du Vicaire, à un théisme qui est même théoriquement agressif pour les révélations. — Mais, dans la vie (luotidienne, ils en viennent aux inconséquences de Jean- Jacques. — Jusqu'où les conduisent le « respect des formes nationales », la séduction de l'Évangile et le sentiment des exigences sociales 151

VIIL — L'état d'esprit public à la veille de la Révolution : « le philosophisme aux abois ». — Ce qui reste de l'œuvre de Rousseau : une certaine intelligence des choses religieuses, l'impopularité des ironies purement voltairiennes. — L'instinctif besoin de réconcilier la philosophie avec la religion. 155

La religion do J. J. Rousseau. - III. 28

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