ROUSSEAU ET LA PENSÉE CHRÉTIENNE
A LA FIN DU XVIIie SIÈCLE
I. — Le certificat de ■• véritable christianisme » délivre par Jean- Jacques à son Vicaire: et qu'on, comprend qu'à Paris et à Genève ce certificat n'ait pas été enregistré. — Attaques des sermonnaires contre Rousseau. — Rousseau réuni à Voltaire et Helvetius dans le mépris de « tout bon Français » et de tout bon chrétien. — Les « petits vipéraux ■> de Genève. — La Confidence philosophique de Vernes : Rousseau rangé parmi
les pires « philosophistes ■■ 1.58
II. — Ne pas se laisser prendre à ces anathèmes tapageurs. — Que ceux mêmes qui renient Jean-Jacques bruyamment lui doivent souvent l'essentiel de leur pensée religieuse. — L'exemple de Vernes : le christianisme de son Catéchisme et de sa Confidence philosophique diflicilement discernable de celui du Vicaire. — La diffusion du rousseauisme à Genève. — Les sermons des pasteurs et les témoignages des laïques pieux. — André Deluc chrétien sincère et disciple déclaré de Rousseau. — La réconciliation de Genève et de Jean-Jacques. . . 162
III. — L'assimilation plus lenteà Paris, mais aussi profonde. — La constatation de Diderot : les dévots, partisans de Jean- Jacques. — Changement de ton à son égard dans la presse catholique. — Les -critiques tempérées par des éloges et du respect. — La reconnaissance pour les hommages rendus à l'Évangile. — Sympathies de l'évèque du Puy, de Chaudon, de l'abbé Gérard pour l'involontaire « apologiste de la religion chrétienne ». — Les disciples inavoués de Jean-Jacques :
■' Dignes prêtres,... qu'il a consolés et dont il a ranimé la foi ». 169
IV. — Les « vicaires savoyards » du clergé français; et (|u'il est difficile d'en connaître le nombre et la valeur à la veille de la Révolution. — Chercher plutôt Tinlluence de Jean-Jacques chez les prêtres qui veulent rester orthodoxes et le renient olliciellement. — Le renouvellement de leur apologétique par les arguments di Vicaire. — Jnitium sapientiœ timor philosophorum; et que Rousseau est là pour dénoncer ces ■- malfaiteurs du genre humain ». — L'abbé Boulogne et son parallèle du « fanatisme » et du « philosophisme ■■ 178
V. — La « cause de Dieu » en danger. — Comment Rousseau aide à la défendre. — Utilisation de la première partie de la Profession par tous les apologistes de la fin du xvni° siècle
et môme par les manuels scolaires 186
VI. — [jji iiiélhodp de Jean-Jacques. — La prédication de « l'utile vérilé >■. — Les affirmations de la « théologie expériinenlaie », en face des « puérilités du raisonnement ». — Les « droits de la religion sur le cœur » ; le « c]irétien par le sentiment ». « Il suffit de rendre la religion aimable pour faire souhaiter qu'elle soit vraie », — L'apologétique de Fidèle, de Bellet, de Boulogne et de Lamourette. — « L'empirisme civil envahit tout » 192
VIL — Le maintien de la révélation. — Mais que les affirmation?; s'en confondent avec les k oracles de notre esprit ». —
— La révélation n'est qu'un supplément de la conscience ■•.
— Rapprochement du ciiristianisme et de la nature. — < La religion chrétienne est le règne de la belle nature ». — Pourquoi ne pas nous rallier à •■ un culte où Dieu est si grand
et l'homme si bon? » 200
VIII. — L'argument du bonheur et de l'utilité sociale. — « Un philosophe irréligieux est un citoyen méchant ». — L'Kglise bienfaisante. — Les curés; et qu'ils savent gré à Rousseau d'avoir déclaré « qu'il n'y a rien de si beau que d'être curé ».
— Ils ne veulent être, eux aussi, que des « ministres de bonté ». — Un thème à la mode : l'éloge du curé de campagne à la campagne, parmi « de bonnes gens », au milieu
(le la « simple » et « innocente » nature 203
IX. — Les " délices de la religion ». — L'émotion religieuse rendue solidaire des plus cliers sentiments de l'âme contemporaine. — Comment Rousseau a aidé sa génération à goûter " la beauté » de l'I-lvangile », le charme et la « majesté » de la Bible patriarcale. — Les « attraits de la religion chrétienne ». — Le christianisme religion de la beauté et générateur des talents : « il produit les grands hommes comme il fait les grands saints ». — L'apologétique eslhéti({ue des Fidèle, Fauchet et Lamourette 214
— Que tous ces disciples, plus ou moins conscients de Jean- Jac(jues, nous conduisent à la limite d'un Génie du chrislianisme, que la Révolution a peut-être retardé. — Rousseau initiateur de cette apologétique nouvelle 224