CHAPITRE V
I. — « C'est la faute à Rousseau ■■ ; et que très vite on l'a « considéré comme l'un des premiers auteurs de la Révolution ». Qu'il faut résister à la tentation de simplifier les causes d'un mouvement aussi complexe. — Le Rousseau aristocrate, de
Lenormant; et ce qu'il y a, en effet, d'anti-révolutionnaire dans l'œuvre et l'attitude de Rousseau. — Que pourtant son accent n'est pas toujours celui d'un conservateur. — Mais qu'il serait imprudent de lui attriliuer la paternité des premières manifestations religieuses de la Révolution. — La constitution civile du clergé plutôt dans l'esprit de Raynal et de Voltaire que dans celui de Jean-Jacques 226
II. — Les premiers essais de « religion nationale » : la tradition gallicane et janséniste qui les explique. — A la recherche d'une « religion civile >. ; le mot est de Rousseau; mais c'est le rêve de Raynal qui essaie de se réaliser. — L'inspiration « philosophiste » du culte de la Raison. — La tentative de Robespierre; et qu'elle semble procéder directement du Contrat. — La religion de l'Être suprême n'est pas toute la religion de Jean-Jacques, mais elle vient de lui. — Elle marque aussi une réaction populaire contre l'incrédulité des " philosophes ». — Reprise du réquisitoire contre Helvetius et les encyclopédistes. — La mise en action du chapitre De la religion civile. — La fête du 20 prairial : Robespierre dans l'attitude du Vicaire Savoyard. — Sa pensée profonde, et qu'elle reste douteusQ,. — Mais qu'on interprète sa politique comme « un premier essai rétrograde vers les idées religieuses >■, et, qu'en un sens, c'est bien Rousseau qui l'a inspiré 233
m. — Les autres religions révolutionnaires qui se réclament de l'Être suprême et de Jean-Jac(iues. — Les interprétations théistes ou anticléricales de la Profession de foi et de la Religion civile : Sérane, Rioulle, Lanthenas. — Théophilanthropie et religions annexes : « Le couple de dogmes » de La Réveil- Hère, et la « religion civile » deLeclerc. — Leurrousseauisme vulgarisé et desséché 244
IV. — L'esprit de Jean-Jacques plus reconnaissable chez les orateurs d'après Thermidor, chez ceux qui demandent qu'on « restitue au sentiment ses jouissances »: Boissy d'Anglas, Portails, Jordan. — Le retour aux considérations sur l'utilité sociale de la religion 251
V. — La réconciliation entre l'Élat français et la religion traditionnelle. — L'allocution de Bonaparte aux curés de Milan. — Bonaparte et Rousseau; et qu'il ne faudrait pas juger de la dette du premier envers le second par ses sentiments personnels. — Le Cqncordat, et les discours qui l'ont expliqué à la France : Discours de M. de Boisgelin, de Lucien Bonaparte, de Garrion-Nisias, de Portails. — Ce qu'ils doivent au Vicaire Savoyard : à la lettre et à l'esprit de la Profession de foi. . . 255
VL — Cette filiation aperçue par les contemporains : le ralliement au Concordat des théistes à la Jean-Jacques. — Témoi-
goajies (io Buman, deDelislc do Sales, de Martin : lîonaparlo proclaim- exéculeur tcstamenlaire de Rousseau, et « la Profession de foi du Vicaire Savoyard devenue celle du gouvernement français >•. — L'esprit du Vicaire est un esprit de concordat. 203