I. — Les .\vant-coureurs de Chateaubriand
L — Ne pas exagérer l'influence immédiate de la Révolution sur la transformation des idées religieuses et des systèmes philosophiques. — Par delà la Révolution, prolongement de la tradition littéraire du xviii" siècle et reprise de la nouvelle apulogéli([ue par le sentiment. — En quoi la Révolution l'a favorisée : par la faillite apparente de la « philosophie •> et la lassitude des systèmes . — Rousseau aide les ennemis ou les victimes de la Révolution à proclamer leur défiance à l'égard « d'une raison sans règles ». — Faire leur place dans ce renouveau religieux à la vitalité de la foi populaire, aux influences européennes, surtout anglaises, aux pieux physiciens qui continuent à émouvoir la sensibilité française. — Mais que, dans le >• grand procès de la religion et de la philosophie <>, Rousseau reste le chef de file de ceux qui tiennent pour la « religion» 2(i
II. — Que •■ le procès » n'est pas clos. — Survivance des deux partis. — Les héritiers des encyclopédistes : les « idéologues ». — Leurs doctrines anti-chrétiennes : la Décade; Volney, ses Ruines et sa Loi naturelle; Condorcet, Saint-Lambert, etc. La morale du Catéchisme universel; et qu'elle est, comme celle de Volney, une reprise de la morale d'Helvelius. — Attitude agressive des idéologues en face de Rousseau, de sa personne, comme de ses idées. — Los défenseurs de Jean-Jacques sont aussi les défenseurs do l'idée religieuse; et Rousseau, entre les mains d'apologistes habiles, devient « accusateur des philosophes de son siècle et prophète de leur destruction » . 27
III. — L'adaptation des thèses de Rousseau aux nouvelles apologies : celles de Gérard, de Necker, de Didier. — C'est la réalisation sans art de l'ouvrage ré<;lamé par Jean-Jacques : De l'utilité de la religion. — Chiniac et Portails témoins de la vitalité des arguments du Vicaire Savoyard 28^
IV. — Ce que doivent à Rousseau ceux qui réclament en religion « l'évidence du cœur ». — Le témoignage reconnaissant de Ballanche dans son livre Du sentiment. — Les théoriciens
de la « sensibilité religieuse ■■ : Reybaz, Nccker, Gérard et autres. — Les thèmes célèbres de Papologé tique rousseauiste remis à la mode : la littérature du « bon curé ». — La dialectique sentimentale de Jean-Jacques et ses défenseurs : les thèses de Hékel et les émotions de Ramond 291
V. — La reprise de la lutte autour de la question de « vérité » : les aphorismes scandalisants de Necker et les impertinents paradoxes de Joubert. — Importance de ces derniers. Leur date probable, et qu'ils transposent en formules à la cavalière les maxim.es de la nouvelle logique chère à Rousseau . . 301
VL — La résistance des tenants de la <■ vérité ». — Un mot de Saint-Martin, et les aigres protestations de Senancour contre les apologistes du sentiment. — « Établissez la vérité, l'incontestable vérité des choses que vous annoncez ». — Le programme tracé par Necker aux nouveaux apologistes : «. chercher un degré de vraisemblance de plus aux idées religieuses ». — Le cas de Maine de Biran; et que des âmes moins subtiles et plus pressées ont accompli plus vite son évolution. — De nombreux théistes font alors extérieurement du moins, le geste d'adhésion chrétienne. — Ce que réclamait Joubert à la veille du Génie : « un Rousseau corrigé » ; et qu'avec Ballanciie. mais le faisant oublier, Chateaubriand va être ce nouveau Rousseau qu'on attend. 304