‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 45 sur 386 · LoUre à P ousicau, du 28 juin · texte numérisé non relu

LoUre à P ousicau, du 28 juin

64 ROUSSEAU ET LA liESTAURATlON RELIGIEUSE.

jeune homme était celui de la modération et de la soumission. Je l'ai pris, et cela m"a mérité la bienveillance de tous mes parents et de tous les honnêtes gens. Je suis tranquille, et, si je l'ose dire, honoré; je participe à la vénération que tout le monde a pour vous, sans être en butte à la rage de ceux qui vous haïssent à cause du mal qu'ils vous ont fait, parce que je vis volontiers avec les dévots, qui, seuls d'entre tous les mondains, aiment encore quelques vertus et chérissent les bonnes mœurs' ». Les œuvres de Saint-Brisson sont là, pour témoigner qu'il s'était réconcilié pratiquement avec la dévotion. Sans doute, quand « il écrit sous la dictée de la simple nature 2 », il s'évade volontiers dans un pays de «douce simplicité », où l'on ne connaît point d'autre sacerdoce que celui du père de famille, du « pontife selon la nature ^ ». Mais, même dans ce règne de « la nature », les souvenirs des bucoliques patriarcales ne le quittaient pas; et le style de ce poète en prose était tout pénétré de la Bible, ou, du moins, du désir de l'imitera Si, d'ailleurs, son Aristc rentre dans la société, c'est aux prêtres qu'il ira s'adresser. Son petit opuscule sur les pauvres mérite de nous retenir un instant, parce qu'il nous montre la pensée religieuse d'un disciple authentique de Rousseau, d'un de ceux que le maître a dirigés lui-même. Jésus- Christ y est vénéré comme le divin législateur de la morale : « Il faut donc qu'il y ait toujours des pauvres, et il y en aura toujours. Jésus-Christ l'a prédit et ne l'a pas improuvé. Que dis-je? Il a ennobli, consacré, divinisé, en quelque sorte, l'état de pauvjelé ». Ainsi cet ami des pauvres demande à son lecteur de « les aimer autant par religion que par humanité », de « les envisager comme des

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