‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 47 sur 386 · Lettre à Rousseau, du 26 novembre 1764 [13], V · texte numérisé non relu

Lettre à Rousseau, du 26 novembre 1764 [13], V

3. Rousseau à Saint-Brisson, lettre de janvier 1765, XI, 193. — Quérard et Barbier atlribuent à Seguier de Saint-Brisson un Traité des droits du génie [361], qui parut en 1769. J'utiliserai plus loin cet intéressant et rare opuscule; mais, à moins que Saint-Brisson ait renié Jean-Jacques, se soit converti à la « philosopliie », et soit entré dans la ■< ligue >>, ce que même les Confessions, si soupçonneuses qu'elles puissent être, ne semblent pas supposer (cf. IX, 51), — il me paraît impossible que ce Traité soit du même auteur qu'Ariste et Philopénès : aucune « sensibilité », une admiration sans réserve pour l'auteur de L'esprit, l'affirmation que « la morale est fondée sur les idées, et que les idées sont dépendantes des sensations physiques » ; enfin, en parlant de Jean-Jacques, un ton qui serait une véritable apostasie : « quelque longue et ennuyeuse que soit cette note (la note finale de la Profession), j'ai cru devoir la rappeler tout entière,

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Nous ne pouvons pas malheureusement suivre ainsi dans le délail Thisloire de tous ces jeunes gens qui sont venus se confier à Jean-Jacques. Les lettres qu'il leur a répondues — car il a dû répondre à beaucoup dentre eux — n'ont pas été conservées; mais leurs lettres à eux nous restent, ardentes et pieuses, qui disent assez lespèce de métamorphose morale dont Rousseau a été l'artisan dans leurs âmes. A lire toutes ces lettres, on devine le frisson passionné, et, disons le mot, religieux, qui secoua toute la France sentimentale au contact de Julie, de Saint-Preux et du Vicaire Savoyard. « O toi, par qui je commence de vivre, lui écrit Tun de ces dévots obscurs, retjois les prémisses de ma nouvelle existence ' » ! C'est le cri d'un converti, qui éprouve le besoin de remercier son dieu. Jeunes gens ou jeunes femmes, ils sont légion ceux qui lui disent le même merci, en des lettres inépuisables et délirantes jusqu'au fanatisme; et c'est parce qu'il les avait sous les yeux, que Jean-Jacques pouvait écrire à Saint-Brisson : « j'avais, dans mes malheurs, la consolation de croire que mes écrits ne pouvaient faire que du bien^ ». Parnii tant de lettres que je pourrais citer, en voici une qui me frappe par sa simplicité et son ton véridique; les choses y sont dites avec émotion, mais sans tracas de rhéteur : c'est simplement, comme dit celui qui l'a écrite, « un témoif^nage qu'il croit devoir à Rousseau et qu'il lui rend dans toute la sincérité de son cœur ». Je nc sais quel était ce jeune homme de vingt-huit ans qui s'appelait Lecomte; il semble bien, par quelques allusions de cette lettre, qu'il était artisan; mais, quelle que fût sa profession, elle était modeste. 11 n'écrit pas à Jean-Jacques, comme tant d'autres, pour avoir une réponse de l'homme illustre. « Je ne

car celle oijinion rassemble non seulement Tautour et ses partisans, mais aussi les gens de toute secte et de toute robe » [301], 192, 32- 33 146, jusqu'à ce que l'altribulion à Sainl-Biisson ait été prouvée, je croirais imprudent de me servir du Traité des droits du génie pour étudier l'ancien disciple de Jean-Jacques.

1. LcUrc de Jullicn à Rousseau, du 20 décembre 1763 [13], 1'".

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