‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 50 sur 386 · Mes visites à J. J. Bousseau · texte numérisé non relu

Mes visites à J. J. Bousseau

les appelle Eymar, ne sont pas à proprement parler des conversions religieuses; cependant, pour la plupart de ces jeunes disciples, la conversion religieuse y est impliquée : en lisant ces nouvelles « Bibles », comme les appelle le capitaine Didelot, ils sont, suivant le motd'Eymar, dans un état de tension « religieuse »; c'est lardeur religieuse qui les agile, c'est elle qui prépare les remords, c'est elle qui les jette dans cette « effervescence » délicieuse, où il leur semble, comme à Jean-Jacques, « que rien de grand el de l)eau ne peut entrer <ians un creur d'homme, dont ils ne fussent capables entre le ciel et eux ' ». Quand le capitaine de Feins vient frapper à la porte de Motiers, dans la supplique où il demande une entrevue, il déclare que Rousseau, en faisant le ])onlieur de sa vie, en lui apprenant à connaître son co^ur, lui a « justifié la Providence - ». C'çst dans un milieu « sans foi, sans principes », que le jeune Lecomte s'est corrompu. Quand la Julie lui a fait sentir sa misère morale, il a reconnu en Rousseau l'instrument de <( la Providence »,et c'est au « ciel » qu'il demande de récompenser son sauveur : dans la petite ville où il va achever sa vie, cet artisan, rendu à « la vertu », le sera aussi à « la religion ». Ne nous étonnons donc pas que Loaiscl de Tréogate ait pu écrire : <> L'Iléloïse de Jean- Jacques a guéri i)lus d'un C(cur des passions terrestres, pour relever aux linnsixirls sacrés du véritable amour ' ».

.Mais cest ici prc'cisénieut (ju'il convient de s'arrêter, pour remarquer h son origine la déviation du sentiment religieux dont Jean-Jacques a été l'occasion, sinon la cause. Qui, ces régénérations morales s'accompagnent

Page 1