Lettre de 1762 [13J
gion qui les travaille. Parce quelles ont laissé s'alfaii^lir en elles la vision de Jésus, Jean-Jacques leur apparaît comme un suppléant du Christ, un Christ plus voisin et jjIus accessible. Il y a dans toutes ces Ames, dont les unes ne sont quà demi chrétiennes, et les autres ne le sont plus, une espèce de lerveur disponible, qui ne demande qu'à se fixer. Jean-Jacques s'oltre à elles, pour recueillir ces adorations qui cherchent leur dieu. Si vraiment il est une Providence Jean-Jacques a reçu d'elle une u mission ■>. Seguierde Saint- Hrisson le lui dit en termes un peu secs, mais précis : « Vous êtes un homme extraordinaire, ou, pour mieux dire, hors de la classe ordinaire; vous êtes venu pour éclairer le genre humain ; les caractères de votre mission sont établis sur ce que vous êtes honnête homme, quoique homme d'esprit, et sur ce que vous avez été l'objet de la haine et de la persécution, tlomme juste, que vous m'êtes intéressant, et que je me sais bon gré de vous être si fortement attaché' »! Cette affirmation de la mission de Jean-Jacqnes, d'autres la reprennent en formules plus brèves et plus ardentes : « Homme que j'ose comparer à la Divinité, dit celui-ci, prenez pitié de ma jeunesse ». — « Homme divin, dit celui-là, fils de Prométhée, formé du vrai feu du ciel, fais-nous en i)art - »! — « Homme divin, s'écrie le jeune Robespiei're, tu m'as appris à me connaître,... je t'ai vu dans tes derniers jours; et ce souvenir est pour moi la source d'une joie orgueilleuse; j'ai contemplé tes traits augustes,... j'ai compris toutes les peines d'une noble vie qui se dévoue au culte de la vérité^ ». — Le pasteur Hess hésite un instant devant le mot, mais finit par le lAcher : sa ferveur pour Jean-Jacques va jusqu'à « l'adoration * ». — « Être unique sur la terre, lui dit encore Jullien. qu'elle est peu digne de ton séjour!.. Mon
!. I.eltre du l:j juillet [176:il [13].
2. Lcllros de Le Vaché, du [13 juin 1763], et de Des Créaiix, du 5 janvier I7G7 [131.