‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 56 sur 386 · Duvigneau, Ode sur In inorl de Rousseau [424], H · texte numérisé non relu

Duvigneau, Ode sur In inorl de Rousseau [424], H

2. Baumier, Tombeau et apothéose de Housseau [43(il, 131-133.

hommages passionnes que les Saint-Brisson, les Carondelet, les Jnllien, les Didelot et tant d'autres adressaient à Ihomme de Montmorency et de Motiers. Ils les disent encore au dedans d'eux-mêmes, mais ils ne les écrivent plus; l'enthousiasme a grandi, le nombre des dévots s'est accru, c'est toute une Église qui entoure maintenant l'ombre sainte de Jean-Jacques; mais, sauf quelques rares confidences, où perce l'émotion personnelle, nous ne pouvons plus apercevoir que les gestes et comme la liturgie du culte. Ce sont des témoignages tout extérieurs, et un peu secs, qu'il s'agit d'interpréter, j)our retrouver le sentiment profond.

Cependant, même à s'en tenir à l'extérieur, une simple comparaison peut nous faire comprendre tout ce qu'il y a de vraiment religieux dans ce culte de Rousseau. Il meurt quelques semaines après Voltaire; mais Voltaire avait trouvé le 16 mars 1778 sur la scène du théâtre français, la seule apothéose à laquelle il pouvait prétendre; et sa mort qui fut, à tout le moins, sans bonne grâce, sans confiance et sans sérénité, montrait assez qu'il n'était fait que pour être un vivant : à proprement parler, le « culte de Voltaire », si l'on peut même risquer le mot, cesse avec lui. Il n'a pas d'autre tombeau que son œuvre, et sa cendre n'intéresse personne. « Pourquoi, se demande justement Mercier, ne s'arrête-t-on point devant son tombeau avec ce recueillement profond, avec ce respect religieux et tendre qui saisissent Vixmc quand on aborde l'Ile des Peupliers? Voltaire, cependant, fut le bienfaiteur de la raison humaine, l'ennemi triomphant du fanatisme, le restaurateur de l'innocence opprimée, et le protecteur ardent d'une foule de malheureux^ ». Mercier pose la question, sans toutefois y répondre. C'est que l'ironie voltairienne, en dissolvant toutes les piétés, était peu propre à en suscit.M' une nouvelle, tandis que Rousseau, ayant rendu à l'imagination française le sens du divin,

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