Bruny, Lettres sur Rousseau
2. Note de VEssai sur les règnes de Claude cl de Néron (394 B], 197-198.
3. Parallèle de Jean-Jacques Rousseau avec Socrate, par G, B. [130', 201-316.
Vicaire compareront Jésus à Jean-Jacques; et voici l'espèce de prière qu'un pèlerin inconnu a déposée sur le tombeau de l'Ile des Peupliers :
0 bienftiisante humanité, Désintéressement, vérité,
Ici repose votre observateur, votre fidèle ami. Pour vous avoir chéris, il fut un martyr toute sa vie. En tout comme Jésus-Christ, Partout il fut proscrit, C'est-à-dire des princes de la religion, Des docteurs de la loi et des lettrés.
C'est rendre hommage au Très-Haut De respecter ce tombeau '.
Pendant quinze années, tant que le tombeau de l'Ile des Peupliers conservera le corps de Jean-Jacques, Ermenonville va devenir un lieu saint, où les visiteurs afflueront avec des sentiments qui seront plutôt de la ferveur et un besoin d'actions de grâces, que de la curiosité ou de l'admiration. Qu'on ne transporte point Jean-Jacques au « Temple des Grands Hommes », s'écriera l'abbé Brizard en 1791 ; qu'on le laisse dans son île mystérieuse, « séparé de la foule des humains. Cette île et ce lac paisible, ces peupliers, cette champêtre solitude ont quelque chose de plus religieux... que toute la pompe des cités. Et, s'il n'est point placé au Temple des Grands Hommes, c'est que rile des Peupliers, qui le possède, doit elle-même un jour être changée en temple : c'est là que toutes les âmes sensibles doivent, au moins une fois dans leur vie, aller faire un pèlerinage- ». 11 y avait longtemps déjà que toutes les « âmes sensibles » avaient fait» ce pèlerinage»; et le mot n'était pas une métaphore : elles sentaient que dans cette visite à un grand tombeau, il y avait quelque chose de « religieux ». C'est ce mot de « religieux » qu'emploie Mme de Staël, quand elle va <( porter son