‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 67 sur 386 · Prosopopée de J. J. Rousseau [465J · texte numérisé non relu

Prosopopée de J. J. Rousseau [465J

encore, les fidèles de Jean-Jacques lui diront comme parle passé : « ô mon divin maître* >.; mais l'invocation sadressera moins au confident du Vicaire Savojard qu'au législateur du (Contrat. Que la Constituante lui décrète une statue, la première qu'elle ait volée"-; que l'Assemblée législative installe son buste dans la salle de ses séances ^; iju'aux anniversaires du 14 juillet, on promène son image sur les ruines de la Bastille'*; que les gens de Montmorency, en mémoire du solitaire de l'Ermitage, organisent une belle « fêle clianipétre », avec fanfares, discours et chants ■■; cjuc la « Société des indigents » lui décerne une couronne civique, et le salue comme « l'organe d'un Dieu bienfaisant*^ »; que, plus tard, quand les [H'édicaleurs du décadi seront en quête de sujets pour leurs sermons, l'éloge de Jean-Jacques en devienne l'un des plus favoris''; {{uon débaptise à son profit les lieux qui l'ont hospitalisé, ou telle bourgade obscure, dont le nom rappelait encore les Ages de « superstition » et de « tyrannie* », — que nous importe ici ! pour le développement de la religion de Jean-Jacques, toutes ces manifestations réunies ne valent pas le seul pèlerinage de l'abbé Brizard. Ce sont des honneurs civiques qu'il partage avec Voltaire et Franklin, et, qui pis est, avec Chalier, Marat et Peletier. C'est la «nation libre » qui remercie le philosophe de la liberté^; si Chérin. à Montmorency, expose à la foule, comme un auguste trophée, le bonnet qui a servi trente ans à Jean- Jacques, ce n'est plus seulement le culte des reliques, comme Brizard le pi'ntiquait à (Ermenonville; c'est surtout que

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