Dieu et les hommes
SIGNIFICATION lIISTOHIOn-; DE LA » PHOFESSION HK FOI ». 17
[dus brutal : « ('."('•lait, dit-il, un lionime do néant, vil et méprisal)le, qui n"avail. ni talent, ni science, ni adresse, né de pauvres parents, et qui, depuis qu'il a voulu paraître dans le monde et faire parler de lui, n'a passé que pour un insensé et un séducteur, qui a été méprisé, moqué, persécuté, fouetté, et enfin qui a été pendu, comme la plupart de ceux qui ont voulu jouer le même rôle, quand ils ont été sans courage et sans habileté ^ ». Mais sur les Évangiles mêmes qui racontent sa vie. ^'ollaire et Meslier se retrouvent à l'unisson : « 11 n'y a rien de si ridicule au monde » que ces histoires niaises, effrontément contradictoires. Si l'on examine sans préjugé quelques anecdotes évangéliques, on ne voit rien dans Don Quichotte, rien « dans les contes des sorciers, qui approche de ces impertinences- >'.
l^estc la morale ctirétienne. Distinguons d'abord entre la morale de Jésus et la morale de l'Église qui se réclame de lui. Il y a certainement de bonnes choses dans la morale de Jésus : on peut y retrouver quelques préceptes de « la morale universelle »; et d'abord, « il n'aimait pas les prêtres^ »; mais la morale de ce Socrate paysan ne vaut i)as. à tout pi-endre, la morale du « martyr Socrate '• ». Les philosophes païens « nous ont enseigné une morale ])our le moins aussi pure que celle de Jésus-Christ; nous trouvons dans Socrate, dans Confucius, dans les gymnosophistes indiens, des maximes qui ne le cèdent en rien à celles du INIessie des chrétiens...; dans ceux de ses i)ré-
1. Testament 1^22], :^;{il. L'auteur du Traité des trois imposteurs [^M], 58-59, compare l'allilude de .Jésus avec celle d'Épiclèle devant la souffrance, et déclare que Jésus << témoigna, près de mourir, une pusillanimité tout à fait méprisable ».
2. Testament [322], 335; Sermon des cinquante [323], 451; Examen important [352], 225.