Hiit'relicns de Phocion
LKS « PAROISSIENS DU VICAIRE SAVOYARD ". iH
en superstition. l\. Des lois nécessaires pour établir l'union entre la religion et la philosophie, ou pour empêcher que l'une ne dégénère en superstition et l'autre en impiété '. « Ktablir runion entre la religion e( la philosophie », n'était-ce pas le programme même que Rousseau avait exposé tant de Ibis, celui qu'il avait précisé, par exemple, dans les Lettres de la montagne, quand il déclarait qu'il n'avait écrit VÉmite que pour « établir à la fois la liberté philosophique et la piété religieuse 2 »? Mais ce n'est pas seulement une formule que Rousseau et Mably ont en commun : c'est un même esprit qui les anime, une même espérance, que, si les deux « puissances belligérantes )>, la religion et la Ithilosophie, voulaient sincèrement la paix, on pourrait arriver à les allier, ou, du moins, à les faire voisiner utilement et pacifiquement ^ Mably reprend à son compte les arguments de Rousseau contre le matérialisme, réfute à la fois les athées et les déistes, réclame un Dieu personnel, qui punisse, récompense et juge. Avec Rousseau, il déclaî-e <• qu'un athée conséquent n'est pas un fort honnête homme ». et qu'il vaudrait encore mieux une religion idolâtrique et superstitieuse que l'absence de religion*. Nous voyons reparaître sous sa plume le fameux texte de Plutarque ', pour en monli-er l'insuffisance. L'État de Mably, lui aussi, sera fondé sur ces princi|)es de la religion civile, <c sans lesquels il est impossible d'être bon citoyen ni sujet fidèle •■' ». Dieu, dit Mably, a est le premier lien qui unit tous les hommes; sans lui, plusde confiance les uns pour les autres... 11 doit être le premier garant du pacte que nous avons fait en entrant en