Contrat social, III
LKS « PAROISSIKNS DU VICAIRE SAVOYARD ». Ho
ditTcreiit; et celui de V Histoire philosophique est beaucoup plutôt l'esprit d'Helvctius, de D'Holbach, de tous ces encyclopédistes, qui ont cru, d'une foi si âpre, à l'efficacité absolue de la loi et à la nécessité de la rendre indiscutablement souveraine, u II semble, disait D'Holbach, que partout la religion n'ait été inventée que pour épargner aux souverains le soin d'être juste, de f^ire de bonnes lois et de bien gouverner ' ». De u bonnes lois », un bon gouvernement, un bon souverain doivent remplacer la religion : telle est bien la pensée de D'Holbach, et telle est aussi celle de Haynal.
Si. d'ailleurs, l'on examine le chapitre que Raynal a expressément consacré à « la religion », on y remarque, avec certaines maximes auxquelles Rousseau n'aurait pu refuser de souscrire, un ton général qui n'est pas du tout le sien. Cette constatation ne nous surprendra pas, si l'on se rappelle qu'au moment où Raynal écrit son Histoire, il est étroitement affilié à la « ligue », que ses collaborateurs, auxquels il achète si chèrement sa gloire, sont pour la plupart des encyclopédistes, et qu'en admirant dans son livre telle ou telle page de « haute graisse », c'est souvent du D'Holbach, du Deleyre, du Naigeon, ou surtout du Diderot, qu'on risque d'admirer 2. Donc, écrivait Raynal ou l'un de ses employés, « au milieu des ruines » que les écrivains de la Réforme avaient accumulées dans le système papiste, (( la philosophie s'est élevée, et elle a dit : si le texte de l'Écriture n'a pas la clarté, la précision, l'authenticité nécessaires pour être l'unique règle infaillible du culte et du dogme; si la tradition de l'Église, depuis ses premiers siècles jusqu'au temps de Luther et de Calvin, s'est corrompue elle-même avec les mœurs des prêtres et des fidèles,... il ne reste aucun appui solide et constant à l'infaillibilité de la foi chrétienne. Ainsi cette religion n'est pas d'institution divine, ou Dieu n'a pas voulu qu'elle