‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 90 sur 386 · Id. [365 B · texte numérisé non relu

Id. [365 B

Jacques avait jamais ouverl la Philosophie de la nature, il aurait cru voir en Delisle de Sales, et peut-être non sans raison, un parodiste de son système, qu'aucune « vraie ressemblance » ne rattachait à lui.

Et pourtant, on ne peut le nier, la religion que prêche la Philosophie de ta nature n'aurait pas été ce qu'elle est. si le Vicaire Savoyard n'avait pas parlé. Ce n'est pas seulement parce que Delisle de Sales est l'adversaire du péché originel, un des dogmes, dit-il, « les plus essentiellement contraires soit au bon ordi'e, soit à la raison i »; mais c'est que son théisme insiste, avec une force qui ne se lasse point, sur les vérités consolantes de l'immortalité; et que, dans sa négation de la révélation chrétienne, il essaye d'apporter ce respect, ou du moins, cette réserve, ce sens de l'admiration que le Vicaire Savoyard avait réveillés dans les cœurs : « Le théisme, dit-il, ou la religion de la nature, est le culte Sublime d'un Dieu qui punit et qui récompense, dont les lois se manifestent sans révélation, les dogmes sans mystères, et la puissance sans miracles- ». C'est du Rousseau brutal et tout sec, mais c'est du Rousseau. Lui-même le sent, car, s'il ne le cite point, il l'utilise. Quand il expose ses « idées saines sur l'immortalité de l'àme », il reprend la démonstration du Vicaire par le droit au bonheur : <( Dieu, dit-on, ne nous doitrien.... — Sophistes cruels I Dieu ne nous doit-il pas le bonheur, puisqu'il nous le rend nécessaire »? C'est la formule même de Jean-Jacques : « Dieu, dit-on, ne doit rien à ses créatures. Je crois qu'il leur doit tout ce qu'il leur promit en leur donnant l'être; or c'est leur promettre un bien que de leur en donner l'idée et de leur en faire sentir le besoin^ ». Dans sa Profession de foi pliilosophique, il a essayé de donner une réplique à celle du Vicaire Savoyard. Ici encore le contenu est sensiblement

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