‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 91 sur 386 · Id. [305 B], VI · texte numérisé non relu

Id. [305 B], VI

3. Philosophie de la nature [365 A], 11, 312; Profession de foi [47],

LF.S « PAROISSIENS DU VICAIRR SAVOYAHn ». 123

analogue ; racccnt peut différer, mais les intentions restent très voisines :

Je crois qu'il existe un Être suprême, dont la providence entretient Iharmonie des mondes.... J'ai le noble orgueil de me croire immortel.... Un Dieu qui veille au bonheur des êtres, l'attente de limmortalité qui enchaîne l'homme à la vertu, voilà les deu.x principaux articles de mon symbole : c'est le précis de mon évangile; et mon ouvrage entier, bien entendu, peut en être regardé comme le commentaire. Or tous les cultes des deux mondes ont ces deux dogmes pour base : je ne suis donc point l'ennemi né de la religion. Nous sommes inondés de livres effrénés, qui font de Dieu un fantôme, et qui entourent notre tombe du néant : je les ai attaqués avec feu ; j'ai consolé l'espèce humaine par ma logique pacifique et par les tableaux que j'ai offerts à sa sensibilité; et les magistrats, qui veillent au dépôt de la religion, me doivent quelque indulgence.... J'ai cru devoir, par intérêt pour les habitants de ce globe, leur faire connaître à fond ces négociants sacrés qui font trafic de la terreur et de l'espérance, et qui vivent, soit de notre crédulité, soit des outrages qu'ils font à la morale de la nature. Mais, à Dieu ne plaise que j'attaque la personne des prêtres, qui, dans ce siècle de lumières, sont surveillés par les lois. Il en est un grand nombre, qui, enchaînés pour faire le mal, font le bien avec énergie, qui consolent par leur morale les peuples qu'ils épouvantent par leurs dogmes, etquisont les ministres bienfaisants du Dieu des vengeances '.

Enfin, quand Delisle de Sales passe en revue « les législateurs religieux qui ont le plus approché de la nature^ », il s'arrête longuement devant << un grand législateur qui a paru au commencement de l'ère vulgaire »; il semble bien lui préférer un Guillaume Penn, dont la législation fut vraiment « celle de la nature^ », mais il parle de Jésus sur un ton qui veut être respectueux. Il le salue en des phrases d'une rhétorique épaisse, où l'on peut retrouver les

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