‹ La religion de J.J. RousseauChapitre 95 sur 386 · Fanatisme drs philosophes · texte numérisé non relu

Fanatisme drs philosophes

gardait bien c de faire aux gens de lettres un crime d être philosophes' », mais qui avait le sentiment de ce qu'exigeait le public, avait consacré tout un chapitre de son livre à (( la philosophie qui ne consiste qu'à détruire », et l'avait déclarée <> un fléau pour une nation ». o L'athéisme, disait-il, est d'autant plus funeste au repos de la terre, qu'il détruit tous les freins qui arrêtent le vulgaire, sans donner la plus légère base à la morale.... L'athéisme secret est le \Ans grand des délires; l'athéisme public est le plus grand des crimes- ». Les héros de Loaisel de Tréogatc « rejettent avec effroi cette philosophie cruelle qui dégrade l'homme et flétrit toutes les âmes sensibles, qui renverse les fondements de la morale,., et arrache à la vertu la récompense de ses sacrifices.... La philosophie serait-elle consolante, quand elle n'offi-e que les monuments et les débats de l'orgueil, qu'un code d'erreurs et de contradictions, d'incertitudes et d'extravagances •' ^)'?

Un fait symbolise cette désaffection progressive à l'égard de la « philosophie » : la gloire de Voltaire baisse. Bien des lecteurs, qui ne sont nullement des dévots, ne lui gardent qu'une admiration mélangée; le plaisir qu'ils trouvent à le lire commence par leur paraître « empoisonné ». Ils souffrent de le voir « épancher le fiel contre ses ennemis », de sentir dans presque tous ses ouvrages « une àme irascible et haineuse à l'excès ». « De quel effet, disent-ils, peuvent être les leçons de la philosophie dans une bouche qui vomit les plus dégoûtantes injures, en môme temps qu'elle parle le plus pur langage de la sagesse? Et que penserait-on d'un homme, foulant aux l)ieds un autre homme et l'immolant avec furie, alors qu'il prêcherait la concorde et l'humanité '* )>? Ce n'est pas à lui qu'ils demanderont les recettes du bonheur, à cet homme « qui avait tout pour être heureux, et qui ne l'a

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