Profession de foi
LES " l'AHOISSIKNS DU VICAIKE SAVOYAHl) ». 131
illusions complaisainment caressées; par cela seul qu'elle est la vérité, elle est justifiée. '< Quel funeste présent serait la vérité, s'écrie La Mellrie, si elle n'était pas toujours bonne à dire' »! (^ L'àmc meurt avec le corps, déclare Iroidemcnt Fréret; et cette doctrine si vraie, si conforme à la saine raison, ea un mot si utile aux hommes, — car la vérité ne peut jamais nuire — ne saurait leur être enseignée de trop bonne heure- ». C'est là le thème favori des « philosopîies », l'asile où ils sentiront leur force, et qui leur permet de s'affirmer comme les représentants de la justice : ils s'indignent contre <( les penseurs pusillanimes » qui ont peur de la lumière^. Ils s'en vont, répétant comme un refrain : « la vérité est une, elle est nécessaire à l'homme, elle ne peut jamais lui nuire* ». D'Holbach consacre tout un chapitre de son Système social à parler de la raison, de la vérité et de son utilité : « La vérité, dit-il, est nécessaire à l'homme; il craint la vérité, parce que souvent on lui persuade qu'elle peut nuire à sa félicité. En effet, une foule de voix nous crient de toutes parts : la vérité est dangereuse; il est des erreurs utiles au genre humain, le monde veut être trompé. La vérité ne parait dangereuse qu'à ceux qui se croient faussement intéressés à tromper le genre hun»ain ^ ». Dans le Système de la nature, qui paraît huit ans après la Profession de foi, plus longuement et plus éloquemment encore, il avait développé les mêmes idées : a On nous parle sans cesse des avantages qui résultent pour les hommes de la croyance d'un Dieu,... [mais] il est question de savoir si l'opinion de l'existence d'un Dieu est une erreur ou une vérité. Si c'est une erreur, elle ne peut être
1. Discours prcUiidnairc des OKavrcs plùiosophiques [lOGJ, I, 13.