Comte de Valmoiit [382], III
5. Système social [381], I, 19. Cf. encore Traité des trois imposteurs [359], 26 : « la vérilé, de quelque nature qu'elle soit, ne peut jamais nuire ».
utile au genre humain; si c'est une vérité, elle doit être susceptible de preuves assez claires pour être saisies par tous les hommes à qui l'on suppose cette vérité nécessaire et avantageuse. D'un autre côté, l'utilité d'une opinion ne la rend pas plus cerlaine pour cela »; et, se tournant vers les âmes éprises de vérités <( consolantes » et d'erreurs « salutaires » : « Non,dirai-je à ces enthousiastes, la vérité ne peut jamais vous rendre malheureux; c'est elle qui console véritablement; elle est un trésor caché, qui, bien mieux que des fantômes inventés, peut rassurer les cœurs ' ». On le voit : D'Holbach et Rousseau ne paraissent s'entendre qu'au prix d'une équivoque, lorsqu'ils affirment Tun et l'autre que « jamais la vérité n'est nuisible aux hommes ». Pour D'Holbach, la vérité est utile par cela seul qu'elle est la vérité. Pour Rousseau, la vérité ne peut être vraie que si elle est utile. Dans le royaume des âmes sensibles, c'est l'interprétation de Rousseau qui va devenir populaire : les objurgations mêmes de D'Holbach le disent assez. Un an avant l'apparition du Système de la nalure, un petit livre qui s'intitulait ambitieusement : Trnilé des droits du génie, dans lequel on examine si la connaissance de la vérité est avantageuse aux hommes et possible au philosophe, le faisait déjà pressentir. L'auteur y malmenait durement tous les « partisans des préjugés utiles », « les gens de toute secte et de toute robe )),qui défendent des opinions et cherchent à les répandre « en disant qu'il ne faut pas les croire, mais qu'il faut les soutenir ^ ». A ses yeux, le théoricien de cet utilitarisme malhonnête n'était autre que Rousseau luimême. Il citait tout au long la grande note finale de la Profession, et y répondait point par point, comme si c'était d'elle qu'étaient sorties toutes les « friponneries » de la logique à la îiiode. « Lorsque j'y aurai répondu, disait-il,