‹ La religion de l'athéeChapitre 28 sur 48 · L'Egoïsme... p · texte numérisé non relu

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166 l'idéalisme de l'athée

Une des plus graves lacunes de Le Dantec consiste en ce qu'il passe sous silence les valeurs esthétiques attribuées à la Morale. De tout temps, les hommes « se sont parés » de vertus, même et surtout, peut-être, quand ils ne les pratiquaient pas. Ils les estimaient donc en tant qu'ornements qu'ils comparaient volontiers à des bijoux, mais pour les proclamer d'un prix incomparablement supérieur. C'était, dira-t-on, un moyen de tromper plus facilement le prochain en lui inspirant confiance. Quelquefois, assurément. La littérature prouve, cependant, dès qu'elle apparaît, qu'il y a là autre chose qu'une simple ruse, car les écrivains les plus antiques cherchaient à plaire, et ils eurent de nombreux succès en célébrant le Bien que les lecteurs jugeaient donc beau. Belle action, beau caractère, belle conduite, belles qualités, ces locutions, avec leurs pendants en laideur, sont dans le langage depuis bien des siècles. Et le parallélisme entre l'esthétique morale et l'esthétique proprement dite s'impose à nous en d'innombrables circonstances. Si le Beau n'est pas toujours propice au Bien, celui-ci ne manque jamais de beauté. Rien ne ressemble à la plénitude de sentiments que nous fait éprouver un chefd'œuvre comme celle que suscite un trait achevé de bonté.

De quelle manière cependant atteindre les fondements de l'esthétique par ses origines ? Je ne vois, du moins à cette heure, dans une telle entreprise, qu'un exercice d'imagination.

Pour ces raisons, je prendrai la Morale comme un fait fondamental, un fait àe base. Il n'y a là

aucun inconvénient, aucune cause d'erreur, que je sache.

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