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L'Egoïsme

SOCIOLOGIE, POLITIQUE, ESTHÉTIQUE DE l' ATHÉE 227

de roman-feuilleton, qui a pour passe-temps favoris d'assommer les nègres aventurés dans la sylve et de mettre à mal les négresses. Or il existe un vrai gorille tout différent : non seulement il n'attaque pas l'homme, mais il l'évite du plus loin qu'il peut ; il n'est dangereux que si on le surprend, parce qu'il songe à défendre ses petits; c'est donc un bon père de famille ; de mœurs pures; par surcroît, car depuis qu'on le connaît un peu moins mal que par ouï-dire, il n'est plus question de ses enlèvements de négresses. Si notre aïeul lointain lui ressemblait, c'était un être farouche, avide d'indépendance, insociable et inoffensif dans le sens de « non-offensif », tellement redoutable, à la vérité, que le carnassier le plus hardi se fût fait scrupule de tâter de sa chair. Gomment, jouissant d'une telle sécurité, l'anthropoïde eût- il été assez « bête » pour se donner du mal à tailler des silex ? On ne s'explique, non pas la naissance, peut-être, de l'intelligence, mais son développement par l'exercice, que dans une vie constamment très dangereuse. Il n'est pas prouvé que nos premiers pères fussent plus forts que nous : ne voit-on pas les civilisés adonnés à l'athlétisme dépasser tous les « primitifs » actuels ? Quoi qu'il en soit, Tanthropoïde avait une musculature très inférieure à celle du gorille, sans cela il ne fût pas devenu plus intelligent que le gorille.

On se demande enfin pourquoi nous ne descendrions pas plutôt du chimpanzé, qui lui, du moins, a une bonne presse. Mais un tel ancêtre eût contraint Le Dantec à l'optimisme.

228 l'idéalisme de l'athée

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